"Bellflower" : Prix du meilleur film au PIFFF

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 28/11/2011 à 06H04
Deux amis se préparent à une apocalypse nucléaire en construisant armes et véhicules de destruction. Mais une fille va venir tout perturber…
	 
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Deux amis se préparent à une apocalypse nucléaire en construisant armes et véhicules de destruction. Mais une fille va venir tout perturber…

 

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© PIFFF

Film apocalyptique – un de plus -, "Bellflower", de l’Américain Evan Glodell, a remporté le Prix du meilleur long-métrage du premier Paris international Fantastic Film Festival (PIFFF). Très symptomatique du cinéma américain indépendant, il s’inscrit dans cette thématique avec beaucoup de recul, son approche fantastique étant très en abîme, tant, que l’on se dit que sa place aurait plus été à L’Etrange Festival qu’ici.

L’auteur derrière "Bellflower" a tout fait sur son film : scénariste, réalisateur, acteur, accessoiriste…  Un vrai film d’auteur en somme, comme on les aime en France. Le jury s’est dit sensible à cette approche très originale, car il s’inscrivait dans une démarche où l’apocalypse était déjà présente aujourd’hui. Dans cette vision d’une Amérique en pleine déliquescence que stigmatise toute la culture Grunge des années 90, visible dans le film, à travers le récit d’une rupture sentimentale.

O. K. Mais le fantastique là-dedans ? A Christophe Gans (membre et porte-parole du jury) de soutenir que ce contexte porte le film, visible dans le virage des couleurs et le bidouillage de l’objectif de prise de vues qui transcrivent l’apocalypse contemporaine ; sans oublier la référence à "Mad Max", argument vendeur, auprès des aficionados. Mais cela en fait-il un film fantastique ?

"Bellflower" est un bon film à plus d’un titre, excellent même. Mais pour un festival qui doit consacrer un film fantastique, on est mal barré.

"Bellflower", d'Evan Glodell (Etats-Unis), Grand prix PIFFF 2001

"Bellflower", d'Evan Glodell (Etats-Unis), Grand prix PIFFF 2001

© PIFFF

Nombriliste
"Bellflower" est un film nombriliste dédié  à la rupture mal vécue de son auteur avec sa petite amie. C’est l’apocalypse de la relation homme/femme, image de l’apocalypse sur Terre. Alors pourquoi ne pas classer Antonionni, auteur fantastique ? Il reste certain que l’Italien ne virait pas ses  images au jaune et ne se référait pas à "Mad Max". Mais ils disent la même chose. Un film fantastique dit autre chose. Un film fantastique est obligatoirement métaphysique, même quand il parle du corps. Et dieu sait, s’il en parle, voire Cronenberg.

Mais au fond, pourquoi pas ? D’autant qu’Evan Glodell a visiblement du talent. Mais le fantastique, il est où ? Dans des références ? Dans la technique de filmage ? Dans un sujet mis en abîme ?

A force de vouloir « auteuriser » le genre, pour le faire reconnaitre, on l’annihile. Le fantastique sort des tripes et les montre. Pas forcément dans le gore. Leur suggestion est souvent son meilleur messager. Voir "La Maison du Diable" (1960). Mais quand un festival qui lui est consacré sacre un film, d’autre part bourré de talent, mais en marge du sujet, c’est participer à sa ghettoïsation, au refus de sa particularité, annihiler tout ce qui fait son originalité et sa raison d’être.