[DEAUVILLE] "Wrong", cadavre exquis franco-américain

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 03/09/2012 à 14H53
Jack Plotnick dans "Wrong" de Quentin Dupieux

Jack Plotnick dans "Wrong" de Quentin Dupieux

© UFO Distribution

De Quentin Dupieux (France/Etats-Unis), avec : Jack Plotnick, Eric Judor, William Fichtner - 1H34 - Sortie : 5 septembre

Synopsis : Dolph a perdu son chien, Paul. Le mystérieux Master Chang pourrait en être la cause, et l Le détective Ronnie, la solution. Emma, la vendeuse de pizzas, serait un remède, et son jardinier, une diversion ? Ou le contraire. Car Paul est parti, et Dolph a perdu la tête. 
 

Lewis Carroll en fond de cour
Seule coproduction franco-américaine à Deauville, réalisé par le Français Quentin Dupieux, « Wrong » (littéralement « faux » en anglais), est dans la continuité de ses deux premiers longs métrages (« Steak » et « Rubber »), loufoque et nonsensique à souhait. Eric Judor (d’Eric et Ramsy) a fait un show bourré de vannes avant la projection, partant dans tous les sens, comme le film, d’autre part très maîtrisé dans la veine très atypique qui le fait sortir du lot.

Inscrit dans une Amérique moyenne de quartier résidentiel banlieusard, il y pleut dans les bureaux alors qu’il fait beau dehors ; les morts reviennent à la vie sans explication, et un gourou s’affaire à enlever les animaux de compagnie, pour que leur propriétaire les aime plus, une fois retrouvés. Si le film n’a rien à voir avec « Alice au pays des merveilles », « Wrong » rappelle Lewis Carroll dans sa forme narrative que l’on sent très écrite, mais en roue libre, selon une logique toute mathématique.

Jack Plotnick dans "Wrong" de Quentin Dupieux

Jack Plotnick dans "Wrong" de Quentin Dupieux

© UFO Distribution
 

La Plume de ma tante
Pas d’intention chez Quentin Dupieux, seulement laisser libre cours à un flux d’idées qui s’enchaînent les une après les autres, tel un cadavre exquis dont les surréalistes avaient le secret. « Rubber » racontait l’histoire d’un vulgaire pneu qui prenait vie et se découvrait une vocation de serial killer. « Wrong » voit un banlieusard licencié qui voit sa vie chamboulée après avoir perdu son chien.

Est-ce que cela se passe seulement dans sa tête ? Est-ce un univers parallèle ? La réalité est-elle ce qu’elle est ? Pas d’explication, et c’est tant mieux. C’est le parti pris de Quentin Dupieux de jouer de cette absurdité si bien articulée, proche d’un Bunuel de « L’Age d’or » ou d’un René Clair d’« Entracte ».