[DEAUVILLE] "Take this Waltz " : tromper, c'est se tromper ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 07/09/2012 à 11H37
Seth Rogen et Michelle Williams dans " Take that Waltz" de Michelle Williams

Seth Rogen et Michelle Williams dans " Take that Waltz" de Michelle Williams

© UGC Distribution

De Sarah Polley (Canada/Espagne/Japon), avec : Seth Rogen, Michelle Williams, Sarah Silverman - 1H56 - Sortie : 31 octobre

Synopsis : Quand Margot, 28 ans, rencontre Daniel, l'alchimie est immédiate. Épouse heureuse de Lou, elle réprime cette attirance aussi soudaine qu'inattendue. Lorsqu'elle découvre que Daniel habite depuis peu dans sa rue, Margot voit ses certitudes vaciller.

Clichés
Sarah Polley, qui signe avec « Take this Waltz son deuxième film - projeté en Première à Deauville -, est aussi comédienne. Elle à notamment tourné avec David Cronenberg, Atom Egoyan, Terry Gilliam ou Wim Wenders ; excusez du peu. Comédie romantique, son nouvel opus, ne convainc pas totalement, en raison d’un sérieux déséquilibre entre ses deux parties distinctes.

La première, trop longue, sinon interminable, fait le portrait d’un jeune couple marié – Margot et Lou - qui, comme on dit, « a tout pour être heureux ». Ce paysage idyllique va être perturbé avec l’arrivée de Daniel, leur voisin, auquel Margot ne saura pas résister : classique. Sarah Polley ne nous épargne rien de l’ennui qui s’installe dans son couple et de la montée progressive de la passion qu’elle éprouve pour Daniel. Mais pourquoi prendre autant de temps pour exposer des choses simples, souvent sous forme de clichés (la fête foraine), nourries de dialogues creux, pour aboutir à une situation téléphonée de longue date, attendue.

Michelle Williams et Luke Kirby dans "Take this Waltz" de Sarah Polley

Michelle Williams et Luke Kirby dans "Take this Waltz" de Sarah Polley

© UGC Distribution
L’éternel retour
Une fois le Rubicon traversé, la cinéaste se fait plus inventive. Elle utilise merveilleusement bien la chanson de Léonard Cohen qui donne son titre au film, lors d’un long travelling circulaire autour du lit de Daniel, terrain de ses ébats avec Margot, allant jusqu’au triolisme, alors que son appartement se transforme, se meuble, prend vie. Fantasme ou réalité ? On ne sait trop. Une impression renforcée du fait que Lou et Daniel se ressemblent physiquement à s’y méprendre.

Mais Margot a fait son choix, en s’installant à deux pas de chez son ex-mari, de son ancien nid conjugal. La résolution donne tout son sens au film. Sarah Polley filme Margot dans l’exacte situation du début du film, où transparaissait l’ennui qui s’instaurait entre elle et Lou. Elle reprend exactement le même cadre, la même pause de Margot au pied de la cuisinière, le regard dans le vide, songeuse, comme suspendue à une question non formulée, mais que l’on devine trop bien. Comme si avec cette nouvelle vie, elle recréait celle qu’elle a quittée. Et si elle s’était trompée ? Comme dans un inexorable et éternel recommencement.