[DEAUVILLE] « Room 237 » : les messages subliminaux de "Shining"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 07/09/2012 à 19H01
Danny Lloyd dans "Shining" de Stanley Kubrick

Danny Lloyd dans "Shining" de Stanley Kubrick

© Warner Bros. France

Documentaire de Rodney Ascher (Etats-Unis/France) - 1H44

Synopsis :  "Shining" de Stanley Kubrik a généré analyses, interprétations et discordes au sujet de sa réelle signification : "Shining" de Stanley Kubrick. Né de conversations sans fin entre le producteur Tim Kirk et le réalisateur, "Room 237", explore les multiples théories élaborées autour de la véritable signification du film de Stanley Kubrick en donnant la parole à cinq personnes obsédées par ce chef d’œuvre du fantastique.

La Quinzaine des Réalisateurs du 65e Festival de Cannes et aujourd’hui le Festival du cinéma américain de Deauville ont projeté ce curieux documentaire, « Room 237 » de Rodney Ascher, qui s’est appliqué à décrypter un sous-texte à "Shining" (1980). Il en émane comme un ésotérisme de la plastique, aux relents parano, argumenté et curieux. Faux ou vrai doc ?

La bande annonce (1980) de "Shining" :

Trois sous-textes
Trois messages transparaissent dans cette analyse, illustrée de nombreux extraits et argumentée de commentaires imminents :le Génocide indien, la Shoa, et les images de la première mission lunaire Apollo 11 en 1969.

Exemple : une des premières scènes de « Shining » stipule que l’hôtel Overlook a été construit sur un cimetière indien. Une scène récurrente du film voit un déluge de sang descendre de l’ascenseur de l’établissement. Les fondations de l’appareil s’enfonçant sous terre, jusqu’au reste des Indiens morts, ce déluge sanglant est celui des Amérindiens exterminés. Pas mal.

Une autre : le film soutient que les images télévisées de la première mission lunaire Apollo 11 en 1969, ont été filmées par Kubrick en studio, détection de front-projection à l’appui. Dans le roman de Stephen King, dont s’inspire le film, une chambre 117 est au cœur de l’intrigue. Kubrick change le nombre en 237. 237 est le nombre de millions de kilomètres entre la Terre à la Lune. Le personnage à l’écran lors de cette scène est Dany, le fils du couple de gardiens de l’hôtel, revêtu d’un pull tricoté, représentant une fusée, ou est écrit Appolo 11. Génial !

La bande annonce de la version longue de "Shining" :

Synchonicité
Comme le souligne « Room 237 » n’importe quel film s’offre au fantasme. Qui n’a pas été convaincu  d’avoir vu une scène dans un film qui, vérifiée, n’y figure pas ? Analyse exacte de ce que l’auteur réfère à la théorie junguienne de synchronocité. Elle est d’autant plus pertinente qu’elle se penche sur un cinéaste qui ne laissait rien au hasard.

Le film à un parfum de « Forgotten Silver » de Peter Jackson, faux doc sur un faux pionnier néo-zélandais du cinéma. Panneaux dans lequel sont tombés d’imminents critiques locaux. Très drôle dans sa démonstration, mais néanmoins convaincant, « Room 237 » coproduit par Arte, devrait logiquement parvenir sur nos écrans, voire en salle.