[DEAUVILLE] "California Solo" : ballade pour un loser

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 05/09/2012 à 00H19
Robert Carlyle dans "California Solo" de Marshall Lewy

Robert Carlyle dans "California Solo" de Marshall Lewy

© Visit Films

De Marshall Lewy (Etats-Unis), avec : Robert Carlyle, Alexia Rasmussen, Kathleen Wilhoite - 1H33

Synopsis : Lachlan MacAldonich, une ancienne gloire du rock anglais, vit à Los Angeles depuis 12 ans et travaille dans une exploitation agricole. Sa vie bascule le jour où il se fait arrêter pour conduite en état d’ivresse et risque de se faire expulser des Etats-Unis. Ses efforts pour rester sur le continent américain vont le confronter à ses démons, d’hier et d’aujourd’hui.
 

"Echo", clip musical de "California Solo" :

Robert Carlyle forever
Sur un très beau sujet, qui sent une fois de plus l’emprise de la crise financière aux Etats-Unis - fil rouge de cette compétition deauvillienne,  « California Solo » passerait assez inaperçu s’il n’avait en tête de distribution le formidable comédien écossait Robert Carlyle (« Full Monty », « Transpoting », « Vorace »…). S’il a beaucoup tourné dernièrement pour la télévision, cela faisait trop longtemps qu’on ne l’avait vu au cinéma.

Deuxième film de Marshall Lewy (son premier « Blue State » est directement sorti en DVD), « California Solo », mêle le social, l’art, la famille et le psychologique, sous l’égide du code américain de l’immigration. Lachian (Carlyle), menacé d’expulsion du territoire américain pour un délit bénin, craint d’être renvoyé en Grande-Bretagne où il craint d’être confronté à sa famille, se sentant responsable de la mort de son frère, leader d’un groupe de rock britannique qui montait en flèche douze ans plus tôt.

Robert Carlyle dans "California Solo" de Marshall Lewy

Robert Carlyle dans "California Solo" de Marshall Lewy

© Visit Films
 

Une histoire tuée dans l’oeuf
Sur le fort potentiel de son intrigue, Marshall Lewy s’embourbe en voulant traiter toutes les facettes de son sujet, et en y insérant en plus une digression totalement inutile. Que vient faire ce personnage féminin de Beau dans l’intrigue ? Elle n’apporte rien et encombre le film, qui se trouve ralenti, appesanti de précieuses minutes, même s’il ne dure qu’1H33, tout en semblant fort long.

C’est un défaut de scénario, donc, qui plombe « California Solo ». D’une maîtrise technique impeccable, à la photographie magnifique, le film reflète tout le professionnalisme du cinéma indépendant américain. Mais hormis Carlyle, remarquable en ange déchu du rock culpabilisé, rien ne demeure. Manque l’art de raconter une histoire, pourtant forte, mais mal racontée, à en devenir ennuyeuse, sans saveur.