[DEAUVILLE] "Booster" en compétition : la perle noire du Festival

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 04/09/2012 à 17H51
Nico Stone dans "Booster" de Matt Ruskin

Nico Stone dans "Booster" de Matt Ruskin

© Eastgate Pictures

De Matt Ruskin (Etats-Unis), avec : Nico Stone, Adam Dupaul, Seymour Cassel - 1h15

Synopsis : Lorsque son frère est arrêté pour vol à main armée, Simon doit commettre une série de délits s’il veut que ce dernier ait une chance d’être acquitté. Tiraillé entre sa loyauté fraternelle et son désir d’indépendance, Simon se retrouve à un tournant de sa vie et doit choisir.

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Nico Stone dans "Booster" de Matt Ruskin

Nico Stone dans "Booster" de Matt Ruskin

© Eastgate Pictures
 

Elegance et sobriété
Tout juste à mi-parcours du Festival du cinéma américain de Deauville, « Booster » s’avère le meilleur film de la compétition visionné jusqu’à aujourd’hui. Première réalisation de Matt Ruskin, tournée avec des comédiens non professionnels, "Booster"est un bijou, une perle noire. Sur une intrigue captivante, aux ramifications multiples, faisant montre d’une sobriété et d’une élégance rares, avec « Booster », ce jeune cinéaste se situe sans conteste dans la lignée d’un James Gray, notamment de son premier film, et à ce jour son meilleur,  « Little Odessa ».

Il ne faudrait pas réduire ce rapprochement au seul fait que ces deux films traitent de la relation entre deux frères. Une tonalité d’ensemble les identifie, une sensibilité idoine, et des thèmes récurrents. La famille, la délinquance, la fidélité, la maladie, le lien aux anciens, l’amour aussi… Mais également la texture de l’image, avec cette palette de gris coloré et de brun irisé, ses lumières automnales et hivernales, nocturnes, magnifiques, ainsi que ses décors intérieurs boisés, sales et désordonnés, ses paysages industriels et déserts urbains. Une Amérique crépusculaire et chaotique.

Nico Stone dans "Booster" de Matt Ruskin

Nico Stone dans "Booster" de Matt Ruskin

© Eastgate Pictures
Un film d'amis
Une grande solitude habite le personnage de Simon (Nico Stone). Elle se reflète dans son histoire mais aussi dans l’image. Avec ce quartier de Breton Hood pratiquement désert et sans circulation. Il n'en connaîtra pas moins l'amour, sa relation étant traitée avec une grande délicatesse. Le temps est également un des thèmes majeurs de « Booster ». Simon est pressé par un ultimatum qu’il repousse constamment, ne parvenant pas à assumer la mission qui lui incombe : réitérer un braquage reprenant les indices qu’à laisser son frère emprisonné, pour l’innocenter. Une voix off, entendu à la télévision déclare « C’était une journée sans début ni fin, une journée de 25 heures, qui passait de l’une à l’autre sans s’interrompre ». Un sentiment qui traduit parfaitement la temporalité du film et ce que vit Simon.

Nombre de cinéastes devraient prendre exemple sur la durée de ce film court (1H15), qui prend son temps, où tout est dit et bien dit. D'une richesse émotionnelle exceptionnelle, « Booster » est d’autant plus touchant qu'il est l'aboutissement d'un vieux rêve né de la passion pour le cinéma entre le réalisateur Matt Ruskin et son acteur principal, Nico Stone. Amis depuis le lycée, ils s’étaient promis de réaliser un film ensemble. C’est désormais chose faite, avec un immense talent, prometteur d’autres à venir. C'est tout le mal qu'on leur souhaite.