"Morgane" de Luke Scott: le mythe de Frankenstein inspire toujours Hollywood

Par @Culturebox
Publié le 31/08/2016 à 17H30
"Morgane" de Luke Scott, avec Kate Mara à droite.

"Morgane" de Luke Scott, avec Kate Mara à droite.

© Twentieth Century Fox

Le fils du célèbre réalisateur Ridley Scott, Luke, fait ses débuts pas en pleine lumière avec la sortie cette semaine aux Etats-Unis (et le 28 septembre en France) de son premier long-métrage, "Morgane". Il s'agit d'une version moderne du mythe de Frankenstein, qui inspire Hollywood depuis un siècle.

L'invention de monstres qui dépassent leur créateur

Depuis que la société de l'inventeur Thomas Edison a créé le premier film de Frankenstein en 1910, les cinéastes ont multiplié les oeuvres sur les dangers de "se prendre pour dieu" en créant des vies de toutes pièces.
 
Outre plus de 70 films mettant en scène le monstre inventé par l'écrivaine britannique Mary Shelley, de nombreux films abordent les conflits éthiques et les conséquences parfois incontrôlables de l'invention de créatures, de "Metropolis" en 1927 à "Jurassic World" l'an dernier.
 
"L'attrait de +l'homme qui joue à être Dieu+ perdure à cause de la nature humaine", estime Shawn Robbins, analyste du site Boxoffice.com. Pour lui, "des personnages qui pensent pouvoir réaliser l'impossible à travers un pouvoir ultime de création peuvent inspirer des histoires qui vous marquent et vous font réfléchir bien après être sortis du cinéma".

L'attrait pour le mythe de Frankenstein perdure au cinéma

Les interprétations du conte de Frankenstein ont en tout cas un historique de succès en salles. Des chercheurs viennois ont étudié 48 de ces films et ont comptabilisé des gains cumulés de 14 milliards de dollars.

Le genre a connu un âge d'or dans les années 90 avec des films comme "La mutante", ou "Alien, la résurrection", illustrant la paranoïa américaine sur le clonage.

"Jurassic Park", où un dinosaure monstre conçu en laboratoire s'échappe et sème la terreur, a quant à lui accumulé 914 millions de dollars à travers le monde - dont 250 millions ont atterri dans la poche du producteur et créateur de la saga, Steven Spielberg.
 
"Depuis les années 90, beaucoup d'études pionnières comme le clonage de la brebis Dolly en 1996 et la finalisation du projet de génome humain en 1999 ont attisé l'intérêt du grand public dans les biotechnologies", remarque l'étude de Vienne.

"Morgane", une jeune fille dangereuse créée à base d'ADN synthétique

"Morgane" sort vendredi en Amérique du nord et le 28 septembre en France, avec à l'affiche Kate Mara, connue pour son rôle de la journaliste Zoe Barnes dans la série "House of Cards".
 
Kate Mara joue le rôle de l'employée d'une grande entreprise envoyée dans un lieu secret pour résoudre un violent incident impliquant "Morgane", créature générée à partir d'ADN synthétique.
 
Luke Scott a su qu'il avait trouvé son "Frankenstein" en découvrant l'actrice argentino-britannique Anya Taylor-Joy, 20 ans. Avec ses grands yeux et ses pommettes saillantes, elle crevait l'écran dans son premier film, "The Witch", sorti l'an dernier.

A mesure que ce conte moral intrigant progresse, les victimes s'amoncellent et les deux personnages s'affrontent dans une série de scènes à l'intensité croissante.

Critiques mitigées

La distribution comprend Toby Jones ("Harry Potter", "The Hunger Games"), Jennifer Jason Leigh ("Les Huit salopards") et le prolifique Paul Giamatti ("12 Years A Slave", "Straight Outta Compton"). Malgré cette belle affiche, les prévisions des experts en box-office pour "Morgane" sont moroses.
 
Les critiques sont mitigées, certains déplorant que ce qui démarre comme un thriller intelligent se transforme en film d'action plus banal. "C'est un conte ordinaire: un homme crée un monstre, le monstre échappe à son contrôle, l'homme regrette d'avoir joué à être Dieu", conclut le site d'informations The Verge.