M. Night Shyamalan, le retour en grâce d'un cinéaste qui se sent "étranger"

Par @Culturebox
Publié le 18/11/2016 à 19H22
M. Night Shyamalan à New York le 18 mai 2016

M. Night Shyamalan à New York le 18 mai 2016

© Evan Agostini / AP / Sipa

À Hollywood, il existe une vilaine plaisanterie sur M. Night Shyamalan, réalisateur du célèbre "Sixième Sens" : chez lui, le plus gros retournement de situation réside dans le déclin de sa carrière, aussi rapide qu'avait été son ascension... Après un récent retour en grâce, il s'est exprimé cette semaine sur le tapis rouge du festival AFI à Hollywood, à l'occasion de la sortie de son film "Split".

Né le 6 août 1970 à Pondichéry, le cinéaste indo-américain s'est fait une place parmi les grands noms d'Hollywood en 1999 avec "Sixième sens", un thriller surnaturel dont la fin spectaculaire lui avait valu d'être comparé à Alfred Hitchcock.

Ses deux films suivants, "Incassable" et "Signes", ont cimenté sa réputation de nouveau roi du suspense. Pourtant, il est ensuite devenu une cible régulière des critiques qui estimaient que ses scénarios aux dénouements à surprises avaient du mal à masquer une cinématographie médiocre.

À 46 ans, le metteur en scène est de nouveau en grâce depuis son film angoissant "The Visit", sorti en France en octobre 2015.
"The Visit" (M Night Shyamalan) : la bande-annonce (VO) - 2015

"Split", son nouveau long-métrage, qui sortira en France le 22 février 2017, et dans lequel joue notamment l'acteur James McAvoy, fait l'objet de premières critiques favorables.

"Split" de M. Night Shyamalan : la bande-annonce (VOST)

"Je ne me sens pas obligé de faire ce que tout le monde attend"

Sur le tapis rouge du festival AFI à Hollywood, cette semaine avant une projection de son film, le cinéaste a tenté de convaincre qu'il n'accordait pas tant d'importance aux scénarios à coups de théâtre qui l'ont rendu célèbre. "Je ne vois pas les choses de cette façon. Je ne me sens pas obligé de faire ce que tout le monde attend", a-t-il souligné, cité par l'AFP. "C'est plus une question de quelle histoire on veut raconter et comment."

Né Manoj Nelliyattu Shyamalan dans le sud de l'Inde, il a grandi dans un quartier aisé de Philadelphie, où on lui a donné une caméra super 8 lorsqu'il était enfant. Inspiré par l'œuvre de Steven Spielberg, il avait déjà réalisé 45 court-métrages avant l'âge de 16 ans. Ses parents étaient tous deux médecins, mais si son père le poussait à opter pour la même profession, sa mère l'encourageait à suivre les cours de cinéma de New York University.

Shyamalan vit toujours à Philadelphie, et dit ne pas prêter attention aux critiques, ce qui lui vaut parfois d'être perçu comme peu amène. Un article de 2008 paru dans le quotidien britannique The Guardian moquait son attitude "défensive arrogante" et sa manie d'apparaître dans ses films.

"Je me sens vraiment étranger" à Hollywood

En personne, il semble toutefois poli, affable et même humble, laissant imaginer qu'en fait... il serait souvent incompris. "Je me sens vraiment étranger (à Hollywood) (...) "je vis à 5000 kilomètres d'ici", remarque-t-il, affirmant que c'était la première fois qu'il mettait les pieds au mythique TCL Chinese Theatre d'Hollywood.

Son retour en grâce a été amorcé par sa participation comme producteur exécutif à la série télé de science-fiction "Wayward Pines", dont il a réalisé le premier épisode.

"Split", que Shyamalan a aussi écrit et produit, plonge dans l'esprit torturé de Kevin (James McAvoy), qui souffre d'un trouble d'identité et exprime 23 personnalités distinctes. Le film a reçu une pluie de louanges et un taux d'opinions favorables de 80% sur le site agrégateur Rottentomatoes.com.

"Je me sens plus audacieux, plus capable de prendre des risques"

Se sent-il encore le besoin de prouver quelque chose ? Il assure à l'AFP que faire des films est pour lui "bien plus complexe que ça" et que jamais il ne s'inquièterait de ce que pensent les gens de ses films. "Je suis vraiment heureux de ces derniers films - "The Visit" et "Split" - parce que je les ai faits différemment, plus petits, plus avant-gardistes (...) Vraiment je ne pense pas à ce qui pourrait marcher ou pas. Je me sens plus audacieux, plus capable de prendre des risques."