"The Revenant" : "Le rôle le plus dur de ma vie" pour Leonardo DiCaprio

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/01/2016 à 22H48, publié le 18/01/2016 à 19H25
Leonardo DiCaprio à Paris pour The Revenant 

Leonardo DiCaprio à Paris pour The Revenant 

© Martin Bureau / AFP

À l'occasion de la sortie du film "The Revenant", prévue le 24 février, Leonardo DiCaprio, Alejandro González Iñárritu et Will Poulter étaient lundi à Paris pour une conférence de presse. L'acteur favori des Oscars en a profité pour confier "à quel point cette expérience cinématographique a été difficile".

15 petites minutes. C'est tout ce qu'aura duré la conférence de presse de Leonardo DiCaprio, Alejandro González Iñárritu, le réalisateur oscarisé pour "Birdman" et Will Poulter venus faire la promotion du film "The Revenant". L'histoire vraie du trappeur Hugh Glass se dirigeant vers l'Ouest au début du XIXe siècle pour s'associer avec le capitaine Andrew Henry afin de traquer les bêtes sauvages et d'en revendre les peaux. Lors d'une expédition, il est gravement blessé par un ours. Laissé pour mort par les deux hommes censés veiller sur lui, il survivra pour entreprendre, guidé par une implacable soif de vengeance, un voyage de plus de 300 kms dans un environnement hostile, sur la piste de l'homme qui l'a trahi.

Première statuette ?

Le récit d'une traque glaciale aux ambitions énormes. Encore fait de longs plans-séquences à l'image de sa dernière réalisation, Birdman, le réalisateur mexicain a filmé ses scènes au Canada, en pleine nature sauvage, dans des conditions extrêmes. Un tournage de seulement quelques heures par jour durant près de neuf mois, afin de respecter la lumière naturelle des lieux. Une réalisation époustouflante pour Iñárritu qui donne sans doute à DiCaprio le rôle le plus impressionnant de sa carrière. Le film a d'ailleurs remporté le 10 janvier dernier les trois récompenses les plus prestigieuses des Golden Globes. Meilleur film dramatique, meilleur réalisateur et meilleur acteur dans un film dramatique. Et avec ses 12 nominations, "The Revenant" part en tête de la course aux Oscars. Le 28 février prochain, Leonardo DiCaprio pourrait recevoir, enfin, sa première statuette.

Attente

Autant dire qu'on avait hâte de rencontrer tout ce petit monde. Le rendez-vous est fixé lundi à 14h, au Bristol, le mythique palace du Faubourg Saint Honoré. Il fallait au moins ça. Mais une heure après, sous les dorures du salon Castellane, orné de ses somptueuses boiseries de chêne, toujours pas de DiCaprio. La cinquantaine de journalistes présents s'impatiente un peu. Certains sortent fumer. D'autres pianotent frénétiquement sur leur téléphone ou prennent en photo l'affiche du film. Il faut bien s'occuper. "Allez, un peu de patience. Encore une petite demi heure", prévient l'un des responsables com'. "La demi-heure hollywoodienne" s'écoule péniblement quand un silence traverse la salle. Une femme, qui guettait près des rideaux fait un signe au cameraman filmant la conférence. "C'est bon tu peux commencer à enregistrer", lui souffle-t-elle. Les photographes se rapprochent. Les journalistes regagnent leur siège. Plus un bruit. Soudain, surgissant de l'entrebâillure d'un rideau, le voilà. C'est Leonardo ! Celui qui a troqué la peau d'élan pour un sobre costume marine s'assoit le premier, suivi du réalisateur et de Will Poulter, l'acteur anglais de 22 ans, vu récemment dans "Le Labyrinthe".
Leonardo DiCaprio,"The Revenant", bande annonce

Leonardo DiCaprio,"The Revenant", bande annonce

© Boris Courret
Pas le temps de tergiverser, les mains se lèvent. La première question fuse. Et si "The Revenant" n'était qu'une métaphore des origines de l'humanité ? "Ce film, c'est surtout l'histoire de toutes les colonisations", précise Iñárritu. "Ce n'est pas différent de ce qu'ont fait les Espagnols en arrivant au Mexique, quelques siècles plus tôt. C'est une réflexion sur l'émancipation. L'ignorance de ce qu'est l'autre". Car le film se déroule en territoire Arikara. Ces Indiens, agriculteurs semi-nomades, qui vivaient dans ces plaines depuis plus de 1000 ans. Le réalisateur, chose plutôt rare au cinéma, a tenu à respecter leur langage. Que maîtrise d'ailleurs DiCaprio qui a eu pour femme, dans le film, une indienne. Alors une petite démonstration Leonardo ? "Je n'ose me lancer comme ça devant vous. J'aurais trop peur d'être ridicule", sourit-il. "Le plus important, en réalité, a été d'essayer de comprendre leur histoire. Tout ce qu'on leur a volé. Aujourd'hui encore, des peuples entiers sont déplacés. Ce sont des problématiques actuelles". Une histoire intemporelle et universelle pour un DiCaprio qui a "toujours choisi des rôles et des films qui nous permettent de mieux comprendre l'humanité. Des expériences qui nous rapprochent de la condition humaine".
Leonardo DiCaprio, Alejandro González Iñárritu et Will Poulter à Paris pour "The revenant"

Leonardo DiCaprio, Alejandro González Iñárritu et Will Poulter à Paris pour "The revenant"

© Martin Bureau / AFP

Immersion

Une expérience unique, à en croire les deux comédiens. "C'est certainement l'expérience professionnelle la plus difficile de ma vie", estime DiCaprio, aux côtés d'un Will Poulter qui acquiesce. Brutale pour les acteurs et pour le spectateur qui n'a certainement que très rarement été autant immergé dans une histoire. "C'était d'ailleurs mon ambition principale. Je voulais que le public soit là, avec les personnages. Qu'ils soient au plus près de leurs actions. Qu'ils ressentent ce que les protagonistes ressentent. Qu'ils puissent pénétrer dans la peinture que j'ai essayé de concevoir", conclut le cinéaste qui s'est déjà relevé. Les trois hommes prennent quand même quelques secondes pour signer trois ou quatre autographes pour les chanceux du premier rang qui se sont rués sur la table. Et les voilà déjà partis, laissant encore un peu plus seuls des journalistes qui ont à peine eu le temps de relever la tête pour s'apercevoir de leur départ.