Soutien des cinéastes iraniens au réalisateur Keywan Karimi lourdement condamné

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2015 à 11H27, publié le 06/12/2015 à 11H08
Le réalisateur iranien Keywan Karimi.

Le réalisateur iranien Keywan Karimi.

© HO / FAMILY HANDOUT / AFP

Le jeune réalisateur iranien Keywan Karimi a été condamné pour "insulte envers le sacré" en première instance à Téhéran à six ans de prison et 223 coups de fouet, avant l'examen de son appel prévu le 23 décembre. Après la campagne de solidarité venue d'Europe, quelque 130 cinéastes iraniens, dont Jafar Panahi ("Taxi") ont écrit une lettre de soutien à Keywan Karimi souhaitant son acquittement.

Jeune cinéaste iranien, Keywan Karimi, musulman sunnite originaire du Kurdistan iranien, semble avoir été condamné pour des scènes d'un film documentaire consacré aux graffitis politiques sur les murs de Téhéran, intitulé "Ecrire sur la ville".
Dans le film documentaire "Ecrire sur la ville" de Keywan Karimi, l'artiste de graffiti appelé "FRZ" à l'oeuvre sur un mur de Téhéran.

Dans le film documentaire "Ecrire sur la ville" de Keywan Karimi, l'artiste de graffiti appelé "FRZ" à l'oeuvre sur un mur de Téhéran.

© Uncredited/AP/SIPA

"Ce film n'a rien à voir avec les questions sacrées" et l'accusation n'a pas précisé "quelles scènes constituaient une insulte au sacré", a affirmé son  avocat, Amir Raeesian.

L'espoir que les "malentendus" soient levés

Dans leur lettre de soutien à Keywan Karimi, transmise à l'AFP, les cinéastes iraniens signataires se déclarent "choqués" par sa condamnation en première instance à six ans de prison et 223 coups de fouet. Ils "espèrent" qu'en appel, "les malentendus seront levés et que Keywan Karimi sera acquitté" des accusations "d'insulte envers le sacré".
Keywan Karimi et son équipe lors du tournage de "Ecrire sur la ville" à Téhéran.

Keywan Karimi et son équipe lors du tournage de "Ecrire sur la ville" à Téhéran.

© Uncredited/AP/SIPA

Parmi les signataires figure le réalisateur Jafar Panahi qui a obtenu l'Ours d'or du dernier festival cinématographique de Berlin pour son film "Taxi", tourné clandestinement à Téhéran malgré une interdiction de filmer imposée au réalisateur par les autorités iraniennes.

Campagne internationale également 

Avant la lettre des cinéastes iraniens, une campagne internationale de soutien à Keywan Karimi avait été lancée à laquelle ont participé de nombreux cinéastes français, italiens et espagnols. "Keywan Karimi rejoint la trop longue liste des artistes, journalistes et citoyens condamnés par l'Iran au mépris de la plus élémentaire liberté d'expression ou de pensée", avaient écrit en octobre dans un communiqué les cinéastes français de l'Association des auteurs, réalisateurs, producteurs (ARP).

Plusieurs journalistes réformateurs et artistes ont récemment été arrêtés en Iran, accusés de faire partie d'un "réseau" financé par des services de renseignements américains et aidé par plusieurs pays européens, dont la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Suède. Le guide suprême Ali Khamenei, plus haute autorité politique et religieuse d'Iran, met régulièrement en garde contre l'infiltration "politique et culturelle" des Etats-Unis.