Six mois après le rapport Bonnel, le CNC veut limiter les salaires des stars

Par @Culturebox
Publié le 20/06/2014 à 09H28
Gérard Depardieu au 67e Festival de Cannes

Gérard Depardieu au 67e Festival de Cannes

© BERTRAND LANGLOIS / AFP

Six mois après la remise du rapport Bonnell sur le financement et la production du cinéma, le Centre national du cinéma (CNC) a présenté jeudi aux professionnels ses premières propositions dont une visant directement les salaires des stars.

Comme le révèle jeudi soir le magazine professonnel Le Film français, cette dernière proposition "propose d'encadrer les films présentant un coût artistique disproportionné via les aides publiques".

Les professionnels se voient proposer plusieurs options à débattre pour conditionner ces aides selon le montant des coûts artistiques. Le rapport Bonnell, commandé dans le cadre des Assises du cinéma et remis début janvier, contenait 50 propositions pour adapter le modèle français de financement du cinéma à l'heure du numérique. Plusieurs groupes de professionnels avaient été formés dans la foulée pour travailler sur ces propositions.

La question des gros salaires et de l'inflation des budgets de films pas toujours rentables, soulevée en décembre 2012 dans une tribune au vitriol de Vincent Maraval, était abordée dans ce rapport qui voulait déjà limiter la dérive de certains coûts artistiques et proposait un conditionnement des aides.

Aider les films fragiles

Suivant le rapport Bonnell, le CNC prévoit différentes mesures pour améliorer la transparence dans la filière comme par exemple d'instaurer l'obligation de fournir le coût définitif d'un film certifié par un commissaire aux comptes. D'autres propositions visent à mieux structurer les sociétés de production et de distribution comme le souhaitait René Bonnell.

Le CNC fait encore des propositions afin d'améliorer les conditions de sortie des films fragiles, des mesures qui sont "à élaborer dans le cadre de l'aide aux salles Art et Essai". Plus généralement, le CNC veut approfondir la concertation avec les exploitants, mais sa proposition pour qu'ils s'engagent sur une durée minimum d'exploitation des films (deux semaines plein écran ou un équivalent en nombre de séances) risque de faire des mécontents.

Selon Les Echos, le CNC devrait rendre rapidement ses recommandations concernant le très sensible dossier de la chronologie des médias, qui définit l'ordre et les délais dans lesquels l'exploitation d'un film peut se faire. Les mesures sont d'autant plus attendues que le géant américain de service de vidéo en ligne Netflix se prépare à arriver en France.