Première édition du festival "Jeunes contre le sexisme" en Seine-Saint-Denis

Par @Culturebox
Publié le 12/10/2016 à 09H40
"Voilà", vidéo réalisée par les élèves du collège Colonel Fabien dans le cadre du projet "Jeunes contre le sexisme", organisé par lObservatoire des violences envers les femmes du Conseil départemental de Seine-St-Denis.

"Voilà", vidéo réalisée par les élèves du collège Colonel Fabien dans le cadre du projet "Jeunes contre le sexisme", organisé par lObservatoire des violences envers les femmes du Conseil départemental de Seine-St-Denis.

A l'occasion de la journée internationale de la fille, quatre courts-métrages conçus par des ados étaient projetés mardi 11 octobre à Bobigny, pour le lancement officiel du festival "Jeunes contre le sexisme", en présence de Laurence Rossignol, ministre des Droits des femmes.

Cette première édition du festival "Jeunes contre le sexisme", est organisée en Seine-Saint-Denis, du 6 au 14 octobre. Une séance spéciale a eu lieu mardi 11 octobre à l'occasion de la Journée internationale de la fille, au cinéma Magic de Bobigny, l'un des 7 cinémas de Seine-Saint-Denis programmant les films réalisés par des collégiens du département.

Des clips réalisés par les collégiens

"93-2113". L'action de ce court-métrage futuriste se situe en 2113. Des ados discutent du XXIe siècle quand les comportements sexistes envahissaient le quotidien. Dans "Petite histoire du féminisme", deux collégiennes retracent avec humour le combat des femmes, de la préhistoire à aujourd'hui. Un autre film court, "Sexion Brosso", fait rapper filles et garçons pour dénoncer les stéréotypes et les violences verbales véhiculés par de nombreux rappeurs. "Voilà" évoque l'énergie consacrée par les jeunes filles pour coller aux stéréotypes féminins présentés dans les magazines.
"Je voulais absolument travailler sur le registre de la comédie, éviter le pathos", raconte Emilie Desjardins, la réalisatrice qui a encadré le projet initié par l'Observatoire départemental des violences envers les femmes. Ateliers de slams, vidéos, sérigraphies : la structure travaille sur ces questions depuis dix ans dans les collèges du département.

"Sexisme, pas notre genre"

Mardi, une centaine d'élèves ont assisté à la projection. Parmi eux, Angela, 17 ans, lycéenne à Pantin. Pour elle, le sexisme "c'est le fait que les femmes gagnent moins d'argent". Séphora, 14 ans, en 3e à Villetaneuse, l'associe elle aux "regards de gros pervers" qu'elle reçoit en passant devant le taxiphone sur le chemin de l'école. Pour les éviter, elle a préféré changer de trajet.

"Près de 50% des jeunes filles ont dû, au cours des derniers mois, changer leur manière de s'habiller ou éviter de fréquenter un lieux public pour ne plus être exposées à des remarques désobligeantes", a détaillé Laurence Rossignol, qui a lancé en septembre la campagne "sexisme pas notre genre", pour lutter contre "le principal obstacle à l'égalité réelle entre les femmes et les hommes".

Un phénomène pas plus présent en Seine-Saint-Denis qu'ailleurs, selon Stéphane Troussel président PS du département. "Les clichés sexistes touchent tous les quartiers, tous les niveaux de vie, toutes les origines", a-t-il commenté. "Ce qui est sûr c'est qu'ici, on ne les masque pas, on les prend à bras le corps".

Les court-métrages sont visibles dans les cinémas du département jusqu'au 14 octobre et sur la plateforme Vimeo.

Festival "Jeunes contre le sexisme"
Du 6 au 14  ocrobre dans les cinéma de la Seine-Saint-Denis