Polanski président des César : Osez le Féminisme appelle à manifester

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/01/2017 à 15H30, publié le 19/01/2017 à 14H51
Roman Polanski au Festival Lumières à Lyon, octobre 2016 

Roman Polanski au Festival Lumières à Lyon, octobre 2016 

© WOSTOK PRESS/MAXPPP

L'association Osez le Féminisme a exprimé sa "colère" jeudi en réaction au choix du réalisateur franco-polonais Roman Polanski pour présider la 42e cérémonie des César, appelant à un rassemblement de protestation le 24 février.

Le réalisateur de "Tess", du "Pianiste", "Rosemary's Baby" ou "Chinatown" est poursuivi depuis 40 ans par la justice américaine pour le viol présumé d'une mineure en 1977. "Indépendamment de la qualité de la filmographie de M. Polanski, on ne peut pas passer sous silence le fait que depuis 40 ans il échappe à la justice américaine", a déclaré à l'AFP Claire Serre Combe, porte-parole d'Osez le féminisme.

"La désignation de Roman Polanski est un pied de nez indigne fait aux nombreuses victimes de viols"

"Quelques semaines après l'affaire David Hamilton, et alors qu'est menée une réflexion sur les délais de prescription pénale pour les victimes de violences sexuelles (...), la désignation de Roman Polanski est un pied de nez indigne fait aux nombreuses victimes de viols et d'agressions sexuelles", a estimé l'association dans un communiqué intitulé : "Nous avons la nausée. "Elle a regretté la "tolérance sociale qui existe encore au sujet du viol en France".

Le photographe David Hamilton a été accusé par l'animatrice Flavie Flament de l'avoir violée il y a près de 30 ans, avant d'être retrouvé mort à son domicile parisien quelques semaines plus tard, fin novembre. "Il y a certainement d'autres personnes tout aussi talentueuses que M. Polanski, pourquoi pas des femmes, pour présider cette cérémonie", a estimé Mme Serre Combe.

Appel à un rassemblement

Osez le féminisme appelle à un rassemblement le 24 février à 18H30, devant la salle Pleyel à Paris où se tiendra la remise des prix. Une pétition "pour la destitution de Roman Polanski comme président des César" avait recueilli jeudi en début d'après-midi près de 5.000 signatures, dont celle de la féministe Caroline De Haas.

Interrogée sur franceinfo jeudi matin, l'ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti a en revanche estimé que ce choix est "la liberté absolue de l'Académie des César", et a souhaité "qu'on laisse (Roman Polanski) présider cette cérémonie". "C'est un très grand réalisateur", a-t-elle souligné. "C'est quelque chose qui s'est passé il y a 40 ans. On ne peut pas à chaque fois relancer cette affaire." "Il ne faut pas donner plus d'importance que ça en a à une cérémonie télévisée et professionnelle sur le cinéma", a-t-elle relativisé.