Obama : "Les Etats-Unis répondront" à la cyberattaque contre Sony

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/12/2014 à 16H26, publié le 20/12/2014 à 11H13
Panneau d'affichage pour le film "The Interview" en Californie, décembre 2014.

Panneau d'affichage pour le film "The Interview" en Californie, décembre 2014.

© Christopher Polk / Getty Images / AFP

Le président Barack Obama a promis que les Etats-Unis "répondront" à la Corée du Nord à l'origine selon le FBI du piratage informatique majeur du studio de cinéma de Sony. Pyongyang nie être à l'origine de la plus grave cyber-attaque jamais menée sur le territoire américain. Elle a conduit Sony a annuler la sortie en salles du film "L'interview qui tue!".

Le président veut sanctionner les pirates mais critique aussi la décision de Sony

"Ils ont provoqué beaucoup de dégâts et nous répondrons. Nous répondrons de manière proportionnée et nous répondrons à un moment, à un endroit et d'une manière que nous choisirons", a prévenu le président américain lors d'une conférence de presse vendredi, excluant qu'un autre pays ait agi avec Pyongyang.
   
Barack Obama a par ailleurs estimé que Sony Pictures Entertainment (SPE) avait commis"une erreur" en annulant la sortie en salles de "L'interview qui tue". il s'agit d'une comédie satirique racontant un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un. "J'aurais aimé que Sony me parle" avant de prendre cette décision, a-t-il déclaré lors de sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année.
   
"Nous ne pouvons pas avoir une société dans laquelle un dictateur quelque part peut commencer à imposer une censure ici aux Etats-Unis", a martelé le président américain.

Reportage France 3 : Marc Dana, Sophie Lacombe
Rappel des faits

Le 24 novembre, Sony Pictures a fait l'objet d'une attaque informatique massive revendiquée par le "GOP" ou "Guardians of Peace", attribuée par le FBI à la Corée du nord.
   
Cette attaque a paralysé son système informatique et s'est accompagnée de la diffusion en ligne de 5 films du studio dont certains pas encore sortis, des données personnelles de 47.000 employés, de documents confidentiels comme le script duprochain James Bond, et une série d'emails très embarrassants pour les dirigeants de Sony.

Mercredi, alors que le GOP menaçait de s'en prendre aux salles de cinéma si "L'interview qui tue!" sortait comme prévu le jour de Noël, les principales chaînes de cinéma ont renoncé à le projeter et Sony Pictures a emboîté le pas, annulant la sortie.

Le piratage et l'annulation de la sortie du fim en salles pourrait coûter jusqu'à un demi-milliard de dollars à Sony, selon les experts.

Outre le vol de données sensibles concernant SPE et la vie privée de ses employés, le piratage a "détruit" le système informatique du groupe en "rendant inopérables plusieurs milliers d'ordinateurs", a fait savoir la police fédérale.

Sony pense à sortir le film d'une autre façon

Toutefois, Sony Pictures réfléchit à sortir cette comédie parodique ailleurs qu'en sa salles.  "Nous ne nous sommes pas couchés, nous n'avons pas capitulé", assure le studio. Sony Pictures dit "rechercher des voies alternatives pour diffuser le film sur des plateformes différentes" car "nous espérons toujours que tous ceux qui voudront voir le film en auront la possibilité".
   
Le FBI a conclu à la responsabilité de la Corée du Nord après avoir notamment constaté des correspondances "importantes" entre les infrastructures de ce piratage et celles utilisées dans d'autres attaques directement attribuées à Pyongyang, ainsi que des "similarités" dans les outils employés contre SPE et une attaque des Nord-Coréens en mars 2013 contre des banques et des médias de Corée du Sud.