Mostra : Stephen Frears part favori pour le Lion d'Or

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/09/2013 à 17H45, publié le 05/09/2013 à 17H23
Le réalisateur britannique Stephen Frears à la 70e Mostra de Venise.

Le réalisateur britannique Stephen Frears à la 70e Mostra de Venise.

© Gabriel Bouys/AFP

A deux jours de la fin de la Mostra de Venise, qui décerne son Lion d'Or samedi soir, le dernier film de Stephen Frears, "Philomena", semblait emporter les suffrages des critiques. Inspiré de l'histoire réelle d'une Irlandaise à la recherche de l'enfant qui lui a été arraché, le long-métrage a été longuement ovationné à Venise, arrachant aux spectateurs aussi bien rires que larmes.

C'est la Britannique Judi Dench qui campe l'héroïne de "Philomena" aux côtés d'un Steve Coogan irrésistible en ex-journaliste de la BBC. "On a dû mettre de l'humour car l'histoire est tellement triste... Mais j'ai demandé à Stephen de me freiner !" a plaisanté ce dernier devant la presse à Venise.

Adolescente dans les années 50, Philomena tombe enceinte. Considérée comme "une femme déchue" dans la très catholique Irlande, elle accouche d'un fils, Anthony, au couvent de Roscrea. Il lui sera enlevé pour être adopté par des Américains. Elle gardera le secret pendant 50 ans, avant de se décider à le retrouver.
"Philomena" de Stephen Frears : la bande-annonce
Miyazaki, Dolan, Gitaï et Reichardt ont aussi leurs chances
"Kaze Tachinu" (le vent se lève), film d'animation d'un autre grand maître  du cinéma, le Japonais Hayao Miyazaki, qui a fait annoncer à Venise sa retraite  après ce film, arrivait jeudi en seconde position, selon le classement quotidien  établi et publié par dix critiques internationaux.

Suivait "Night moves" de  l'Américaine Kelly Reichardt, l'histoire de militants écolos convaincus de la  nécessité de passer à l'action extrême pour défendre leur cause.
 
Mais le jury, présidé par Bernardo Bertolucci leur préfèrera peut-être "Tom  à la ferme", thriller psychologique du jeune Québécois Xavier Dolan, "Child of  God" de James Franco, sur un homme qui sombre dans la folie face au rejet et à  la violence dont il est victime.

S'il choisit d'envoyer un message politique, il pourrait aussi distinguer "Ana Arabia" d'Amos Gitaï, sur la possible coexistence de Juifs et d'Arabes,  à un moment où tous les regard sont braqués sur la Syrie et une possible intervention militaire américaine dans ce pays.

Une Mostra particulièrement sombre
Crise économique, pauvreté, isolement, folie, inceste, nécrophilie,  mutilations, suicide, violence contre les femmes et les enfants....: cette 70e  Mostra a été marquée par des films extrêmement sombres, souvent hyperréalistes,  tournés d'ailleurs avec nombre d'acteurs non professionnels. Les films étaient souvent très longs, comme si les cinéastes voulaient prendre le temps de se  pencher sur nos sociétés contemporaines malades.

Comme pour couronner ce climat plombé, un Lion d'Or spécial pour l'ensemble de sa carrière a été décerné cette année par les organisateurs de la Mostra au réalisateur américain William Friedkin, 78 ans, auteur du film d'horreur culte "L'Exorciste".