Mostra : le Suédois Roy Andersson reçoit le Lion d'Or

Par @Culturebox
Publié le 07/09/2014 à 11H44
"A pigeon sat on a branch..." de Roy Andersson obtient le Lion d'Or à la Mostra.

"A pigeon sat on a branch..." de Roy Andersson obtient le Lion d'Or à la Mostra.

© Roy Andersson Filmproduktion AB

"Un pigeon assis sur une branche, réfléchissant sur l'existence" de Roy Andersson, a remporté samedi le Lion d'or à la Mostra de Venise, qui récompense une réflexion sur la condition humaine au style très singulier. "The look of silence" de l'Américain Joshua Oppenheimer, qui revient sur la sanglante épuration anticommuniste de 1965 en Indonésie, a obtenu le Grand Prix du Jury.

L'écriture singulière de Roy Andersson

Dans une sélection marquée par les guerres, les crises et autres calamités du monde, reflets de notre époque, le film de Roy Andersson, qui ne figurait pas parmi les favoris de la compétition, apparaît comme une oeuvre à part.
   
"Nous avons choisi des oeuvres au geste artistique fort dont les dimensions humaniste et politique nous ont touchés", a déclaré le président du jury, le compositeur français Alexandre Desplat, en présentant le palmarès sur la scène du mythique Palais du cinéma.
   
Succession rapide de sketchs humoristiques, le film de Roy Andersson tente une réflexion sur l'absurdité et le sens de la vie à travers les yeux d'un vendeur d'articles de fantaisie et son ami atteint de légers troubles psychologiques.
 
Le Grand Prix au documentaire de Joshua Oppenheimer

"The look of silence" de l'Américain Joshua Oppenheimer, qui faisait partie des favoris cette année à la Mostra, est reparti avec le Grand Prix du Jury.
   
Dans ce poignant documentaire, qui revient sur la sanglante épuration anticommuniste de 1965 en Indonésie, le réalisateur suit une famille rescapée et plus particulièrement le dernier né, Adi Rukun, âgé de 44 ans au moment du tournage et qui décide d'enquêter sur la mort de son frère aîné, mort en 1965, soit trois ans avant sa naissance.
Les autres lauréats

Le réalisateur russe Andreï Kontchalovski obtient cette année le Lion d'argent de la meilleure mise en scène pour "The Postman's White Nights", fable poétique où il décrit la vie quotidienne d'un petit village russe perdu.

L'Italie, qui présentait trois films en compétition, n'a été primée pour aucun mais se console avec le prix d'interprétation féminine (La Coupe Volpi) attribuée à Alba Rohrwacher pour son rôle de femme possédée dans "Hungry hearts", de l'Italien Saverio Costanzo.
   
Autre satisfaction pour la production transalpine, l'Américain Adam Driver obtient le prix d'interprétation masculine pour le même film.
Les oubliés du palmarès

Si surprise il y a dans cette édition de la Mostra, elle vient du favori "Birdman", du Mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, qui s'était maintenu en tête des pronostics tout au long de la décade vénitienne, et qui est reparti bredouille.

Déception également dans le camp français, pourtant venu en force avec quatre représentants, sur les vingt en lice pour le Lion d'or mais qui n'obtient aucune récompense à l'exception toutefois du Prix Marcello Mastroianni (meilleur jeune interprète) attribué au jeune Romain Paul.
   
Emouvant dans le film d'Alix Delaporte, "Le dernier coup de marteau", il incarne Victor, 13 ans, qui doit prendre son destin en main alors que sa mère est malade et que son père n'a jamais voulu le reconnaître.
Birdman d'Alejandro Gonzàlez Iñàrritu, la bande-annonce
Le Palmarès de la Mostra de Venise 2014

Lion d'or du meilleur film : "A Pigeon Sat on a Branch Reflecting on Existence" ("Un pigeon assis sur une branche réfléchissant à l'existence") de Roy Anderson (Suède)
Lion d'argent de la meilleure mise en scène : Andrei Konchalovsky pour "The Postman's White Nights" (Russie)
Grand Prix du jury : "The Look of Silence" documentaire de Joshua Oppenheimer (Danemark, Indonésie)
Prix spécial du jury : "Sivas" de Kaan Mujdeci (Turquie)
Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine : "Hungry Hearts" de Saverio Costanzo
Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine : Adam Driver pour "Hungry Hearts", de Saverio Costanzo
Prix du meilleur scénario : Rakhshan Bani-Etemad et  Farid Mostafavi pour "Tales" (Iran)
Prix Marcello Mastroianni à un jeune acteur : Romain Paul dans "Le dernier coup de marteau" d'Alix Delaporte