Mort de Tobe Hooper, maître du film d'horreur, auteur du "Massacre à la tronçonneuse"

Par @Culturebox
Mis à jour le 28/08/2017 à 09H41, publié le 27/08/2017 à 17H13
Tobe Hooper en 2006.

Tobe Hooper en 2006.

© Michael Buckner / Getty Images North America / AFP

Tobe Hooper, l'un des réalisateurs les plus influents du film d'horreur, père du "Massacre à la tronçonneuse" et de "Poltergeist" est décédé samedi 26 août 2017 à l'âge de 74 ans. Sa mort survient à peine plus d'un mois après celle d'un autre maître du genre "horror", George Romero, connu notamment pour "La nuit des morts-vivants".

Le réalisateur américain Tobe Hooper est décédé le 26 août à l'âge de 74 ans dans la ville californienne de Sherman Oaks. La cause de la mort n'a pas été communiquée, précise le magazine Variety.

Son "Massacre à la tronçonneuse" en 1974 a révolutionné le film d'horreur

Joues rebondies, lunettes ovales finement cerclées et sourire, Tobe Hooper n'avait certes pas la tête de l'emploi de l'un des plus grands maîtres du genre, qu'il a totalement révolutionné en 1974 avec "Texas Chain Saw Massacre" ("Massacre à la tronçonneuse"). Ce film raconte, avec un réalisme nouveau à l'époque, les malheurs d'un groupe d'amis : cinq jeunes gens tombés en panne d'essence au Texas et partis frapper à la porte d'une ferme isolée. Dans ce recoin rural de l'Amérique, ils tombent sur une famille de dégénérés et vont être les victimes de "Leatherface", un homme au masque en peau humaine.
Jacky Bornet, responsable de la rubrique cinéma de Culturebox, dans un article consacré au film, explique l'importance de cette oeuvre qui pourtant repose sur un malentendu : ce malentendu, explique le journaliste, "veut que ce film baigne dans le sang. Ce qui est totalement faux, quelques égratignures seulement apparaissant subrepticement. Ce qui confirme combien les spectateurs peuvent ajouter des images, voire des scènes entières, dans un film où elles n’existent pas. Tobe Hooper revendique cette suggestibilité, qui est bien plus puissante qu’une simple démonstration. (...) Il n’en reste pas moins que "Massacre à la tronçonneuse" est imprégné d’une violence et d’une tension inédites, jamais égalées, en raison de plusieurs facteurs liés à une mise en scène savamment travaillée, pour piéger l’audience". L'un d'eux est que le film est avant tout dérangeant, servi par une musique, essentiellement composée de percussions, dissonantes, tribales, qui participent du malaise. Le long métrage, tourné en 16 mn puis "gonflé" en 35 mm rajoute du grain à l'image, ce qui lui donne une vibration scintillante, avec des couleurs délavées sous un soleil de plomb qui participent de la tension générale. Sans parler des confitions de tournage particulièrement spartiates, que Hooper exploitait pour faire monter la sauce... 

Poltergeist, en 1982, sera produit par Steven Spielberg 

"Massacre à la tronçonneuse" est un film unique et novateur, même expérimental, poursuit Jacky Bornet. De la même manière que "La Nuit des morts vivants" de George A. Romero a redynamisé le film de zombies, message politique à la clé en 1968, "Massacre à la tronçonneuse" a inventé le film d’horreur moderne en 1974. Le film réalisé pour seulement 300.000 dollars a été censuré dans certains pays à cause de cette extrême violence, ce qui ne l'a pas empêché de devenir le film indépendant le plus profitable des années 70, affirme Variety. 
Tobe Hooper est né à Austin, au Texas en 1943. Avant d'embrasser la carrière de réalisateur il avait commencé comme professeur d'université. Après "Massacre à la tronçonneuse", le réalisateur a creusé la veine du film d'horreur avec "Le crocodile de la mort" (1977) et "Massacre dans un train fantôme" (1981) et surtout "Poltergeist" en 1982, écrit et produit par Steven Spielberg et rapidement en haut du box-office.

Par la suite, au cinéma, le succès ne sera plus au rendez-vous. Dans les années 1990, le réalisateur travaille beaucoup pour la télévision. En 2013, il avait tourné son dernier long métrage aux Emirats arabes unis ("Djinn"), un film d'horreur en langue arabe qui n'était finalement sorti qu'en DVD. On peut également citer dans sa filmographie "Les Vampires de Salem" (1979), téléfilm américain en deux parties, sorti au cinéma en France en "digest" avec James Masson dans le rôle principal, d'après Stephen King, dont le réalisateur était un des proches.