Mort de Lia Van Leer, la grande dame du cinéma israélien

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/03/2015 à 11H26, publié le 15/03/2015 à 11H08
Lia Van Leer en 2011.

Lia Van Leer en 2011.

© MENAHEM KAHANA / AFP

Lia Van Leer, pionnière du cinéma en Israël où elle a notamment fondé la Cinémathèque israélienne et le Festival international du film de Jérusalem, est décédée à l'âge de 90 ans. Spécialiste émérite, membre de nombreux jurys de festivals, elle était l'amie des grands du cinéma mondial. Elle avait également milité pour la paix au Moyen-Orient.

Elle est décédée vendredi 13 mars après plusieurs semaines d'hospitalisation à son retour d'Allemagne, où elle s'était rendue en février à l'occasion de la Berlinale, a précisé Carole Dreyfus, qui travaillait avec elle à la cinémathèque de Jérusalem.

Fondatrice de la cinémathèque en Israël

Née en 1924 en Roumanie, Lia Van Leer (née Greenberg) quitte à l'âge de 16 ans son pays et ses parents pour rejoindre sa soeur en Palestine pour fuir la barbarie nazie en 1940. Installée à Jérusalem en 1943, elle épouse dix ans plus tard Wim Van Leer, avec lequel elle crée le premier ciné-club israélien, calqué sur le modèle français. 

Voyageant dans le monde avec son époux, producteur de cinéma et pilote, elle acquiert des centaines de films et fonde en 1960 la première institution israélienne d'archives cinématographiques.
Lia Van Leer avec Nicole Garcia en 2011.

Lia Van Leer avec Nicole Garcia en 2011.

© MENAHEM KAHANA / AFP
En 1973, elle fonde la cinémathèque de Jérusalem, installée face aux murailles de la vieille ville. Dix ans plus tard, elle crée le Festival international du film de Jérusalem, qui accueillera au fil des années les plus grandes vedettes du cinéma mondial.

Dévouée au cinéma et militante pour la paix au Moyen Orient
Lia Van Leer dans son bureau de la cinémathèque de Jérusalem en décembre 2011

Lia Van Leer dans son bureau de la cinémathèque de Jérusalem en décembre 2011

© OMER MESSINGER / NurPhoto
Dans son bureau, où Lia Van Leer est venue travailler jusqu'à la fin de sa vie, trônaient des photos d'elle avec les grands noms du cinéma, d'Orson Welles à Simone Signoret en passant par Marcello Mastroianni ou Steven Spielberg. Membre de jurys de festivals internationaux, parmi lesquels celui de Cannes (1983), elle avait reçu le prestigieux Prix d'Israël en 2004 et la Légion d'honneur en 2013.
Lia Van Leer parmi les membres du jury du Festival de Cannes 1983 (assise, deuxième en venant de la droite). A sa droite, le président du jury, l'écrivain William Styron (lui-même assis à côté de la journaliste Yvonne Baby) et à sa gauche, le réalisateur Serguei Bondartchouk. A noter aussi, la présence dans ce jury des grands cinéastes Youssef Chahine et Souleymane Cissé (les deux au centre, debout). 

Lia Van Leer parmi les membres du jury du Festival de Cannes 1983 (assise, deuxième en venant de la droite). A sa droite, le président du jury, l'écrivain William Styron (lui-même assis à côté de la journaliste Yvonne Baby) et à sa gauche, le réalisateur Serguei Bondartchouk. A noter aussi, la présence dans ce jury des grands cinéastes Youssef Chahine et Souleymane Cissé (les deux au centre, debout). 

© RALPH GATTI / AFP
Militante pour la paix, Lia Van Leer avait invité des réalisateurs iraniens à Jérusalem et apportait son soutien au cinéma palestinien.

"Mon but dans la vie est de faire aimer le cinéma au plus grand nombre de gens, et je continuerai de le faire tant que j'ai des forces", avait-elle déclaré à l'AFP quelques mois avant sa mort.