Mort de Jacques Rouffio, réalisateur engagé : "Ses films resteront"

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/07/2016 à 10H47, publié le 09/07/2016 à 10H33
Jacques Rouffio sur le tournage de "La passante du Sans-souci", 1982

Jacques Rouffio sur le tournage de "La passante du Sans-souci", 1982

© Elephant Production / Collection ChristopheL / AFP

Le réalisateur Jacques Rouffio, qui aura marqué les années 1970-80 avec "La passante du Sans-Souci" ou encore "Le sucre" et "Sept morts sur ordonnance", est décédé vendredi à 87 ans à Paris, ont annoncé ses enfants dans un communiqué.

Né en août 1928 à Marseille, le réalisateur et scénariste a commencé comme assistant du réalisateur Jean Delannoy, en 1953 sur le film "La route de Napoléon". Il tourne de nombreux films comme assistant, notamment les "Gorille" de Bernard Borderie, et assiste Gilles Grangier ou Jean-Pierre Mocky.

"Sens de la cruauté et de la bouffonnerie"

Mais c'est en 1967 qu'il réalise son premier long-métrage, "L'Horizon", qui traite de la révolte des soldats en 1917. Il s'attaque ensuite, "avec un certain sens de la cruauté et de la bouffonnerie, à deux autres tabous de la société française", décrivent ses enfants : le monde médical avec "Sept morts sur ordonnance" (1976), et la spéculation boursière avec "Le Sucre" (1978), qui relate une affaire d'escroquerie à partir de la bulle spéculative sur le prix du sucre.
En 1982, il réalise "La Passante du Sans-Souci", le dernier film de Romy Schneider. Parmi ses acteurs fétiches, Gérard Depardieu, Jean Carmet et surtout Michel Piccoli. Il dirige aussi Jacques Dutronc, Isabelle Adjani et Serge Reggiani dans "Violette et François" (1977). Son dernier long-métrage de cinéma, "L'Orchestre rouge", est sorti en 1989.  Jacques Rouffio travaille aussi beaucoup pour la télévision, son dernier téléfilm était une adaptation d'une nouvelle de Maupassant, "Miss Harriet", en 2007.

Avec Rouffio, c'était "la farandole des grands acteurs français"

"Ses films resteront", a réagi Gilles Jacob, l'ancien président du Festival de Cannes, pour qui "il dénonçait, à la fois subtilement et sans peur de taper".  'Le Sucre' était une dénonciation des magouilles financières, on se croirait aujourd'hui ! 'Sept morts sur ordonnance' c'était la dénonciation de la médecine malhonnête, cette volonté de faire de l'argent dans une clinique comme dans un commerce".

"On pense à un certain cinéma de Bertrand Tavernier, cette école française qui, comme le faisait le cinéma américain, dénonce les turpitudes et les magouilles. Avec une jubilation salutaire", ajoute M. Jacob. Ce dernier "revoit encore certaines scènes fameuses du 'Sucre', avec Hanin, Carmet, Depardieu... Et puis Charles Vanel dans 'Sept morts sur ordonnance'". Avec Rouffio, c'était "la farandole de tous les grands acteurs français".