Mort de Gene Wilder, génie comique et acteur fétiche de Mel Brooks

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/08/2016 à 12H12, publié le 30/08/2016 à 09H05
Gene Wilder dans "Charlie et la chocolaterie" de Mel Stuart (1971)

Gene Wilder dans "Charlie et la chocolaterie" de Mel Stuart (1971)

© Kobal / The Picture Desk

Il est l'inoubliable interprète de Willy Wonka dans "Charlie et la chocolaterie" (version 1971), mais il était aussi le pilier des comédies débridées de Mel Brooks, des "Producteurs" à l'hilarant "Frankenstein Junior". L'acteur américain Gene Wilder, de son vrai nom Jerome Silberman, est décédé lundi 29 août à 83 ans, des suites de la maladie d'Alzheimer.

"Gene Wilder - L'un des vrais grands talents de notre époque. Il a gratifié de sa magie tous les films que nous avons faits et il m'a gratifié de son amitié", a tweeté lundi 29 août le grand réalisateur Mel Brooks. L'acteur américain Gene Wilder s'est éteint lundi 29 août à 83 ans, des suites de la maladie d'Alzheimer.  

Hommages au "génie comique"

Les hommages n'ont pas tardé après l'annonce, faite par son neveu Jordan Walker-Pearlman, du décès de Gene Wilder des suites de la maladie d'Alzheimer à Stamford dans le Connecticut. L'acteur et réalisateur britannique Stephen Fry a remercié Gene Wilder "pour toutes ces joyeuses, joyeuses heures", le qualifiant de "génie comique". De nombreuses personnalités lui ont rendu hommage comme John Cusack, Ricky Gervais, Elizabeth Banks, Olicia Wilde, Russell Crowe, ou encore Rob Lowe,  Albert Brooks, James Urbaniak, Larry Wilmore, Uzo Aduba...
Gene Wilder en 2007.

Gene Wilder en 2007.

© Evan Agostini / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Dans un communiqué, Jordan Walker-Pearlman,a précisé que son oncle souffrait de cette  pathologie depuis trois ans et avait "fait le choix de garder le secret". Cette décision "n'était pas de la vanité", a-t-il assuré, mais il l'a prise pour que les enfants qui le croisaient ne perdent pas le sourire si un adulte mentionnait sa maladie. "Il ne pouvait supporter l'idée d'un sourire de moins dans le monde", a  poursuivi Jordan Walker-Pearlman. Il a raconté que lorsque son oncle a poussé son dernier soupir, s'est élevée dans la pièce l'une de ses chansons préférées : "Somewhere over the  rainbow", interprétée par Ella Fitzgerald, qu'il a rencontrée. La liste de musiques était aléatoire, a-t-il précisé.

"Les producteurs" et "Frankenstein Junior" 

Gene Wilder, reconnaissable à son abondante chevelure bouclée et à ses grands yeux bleus, restera sans doute notamment pour son rôle dans "Les Producteurs" (1968) et pour avoir co-écrit le scénario de la parodie hilarante du film d'horreur à la mode des années 1930 "Frankenstein Junior" (1974), deux films de Mel Brooks pour lequel  avait été nommé deux fois aux Oscars. 
Gene Wilder était devenu l'un des acteurs fétiches de Mel Brooks.  Le réalisateur et le comédien avaient été présentés par Anne Bancroft, co-star de Wilder à Broadway dans les années 1960 et qui a épousé Mel Brooks par la suite. Lors de cette rencontre, le metteur en scène avait montré à Gene Wilder un scénario non finalisé intitulé "Printemps pour Hitler", devenu ensuite "Les Producteurs". Avec Mel Brooks, Gene Wilder a également tourné "Le shérif est en prison" (1974), énorme succès du box-office. Cette satire du far-west et du racisme au quotidien dans laquelle le héros est un shérif noir est truffée de gags et fait souvent partie des listes des dix meilleures comédies de tous les temps dressées par des critiques.

Willy Wonka et le duo avec Richard Pryor 

Mais Wilder a acquis une renommée internationale grâce à son incarnation de l'excentrique propriétaire d'usine Willy Wonka dans une adaptation de 1971 du roman de Roald Dahl "Charlie et la chocolaterie" (1964). 
L'acteur figure également à l'affiche de nombreuses autres comédies parmi lesquelles "Un rabbin au Far West", de Robert Aldrich (1979) ou encore "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander" (1972) de Woody Allen. La scène du mouton, dans laquelle le docteur Ross (Gene Wilder) reçoit un berger arménien amoureux de son animal, restera dans les annales.
Dans les années 1970, Gene Wilder formera également un duo comique mémorable avec Richard Pryor, depuis "Transamerica Express" (1976) d'Arthur Hiller à "Faut s'faire la malle" ("Stir Crazy") de Sidney Poitier en 1980. Rain Pryor, fille de Richard Pryor, a salué sur Twitter un "grand duo de film de comédie pour l'éternité papa et Gene Wilder", soulignant que les deux hommes n'étaient pas amis dans la vie mais "rien ne pouvait ou ne pourra battre leur magie à l'écran". 

Un passage très formateur par l'école anglaise du théâtre

Né Jerome Silberman à Milwaukee dans le Wisconsin, Gene Wilder était le fils d'un émigré juif russe qui importait de l'alcool, et d'une mère d'origine russe née dans l'Illinois. Il a passé sa jeunesse à tenter de divertir sa mère souffrante après un malaise cardiaque lorsqu'il avait six ans. Elle est décédée 17 ans plus tard.

Gene Wilder s'est pris d'affection pour le théâtre en jouant au lycée dans une adaptation de la pièce d'Arthur Miller "Mort d'un commis voyageur", et a été diplômé de théâtre à l'Université de l'Iowa. Après avoir étudié à la Old Vic School à Bristol en Angleterre, où il est  devenu un talentueux escrimeur, il était rentré aux Etats-Unis et avait passé quelque temps dans l'armée. Il a ensuite changé son nom et intégré le célèbre Actor's Studio avec Lee  Strasberg.

Son premier emploi d'acteur date de 1961 pour "Roots" d'Arnold Wesker, une pièce du programme non officiel de Broadway. Et, six ans plus tard, il a décroché son premier rôle au cinéma dans "Bonnie et Clyde" (1967) d'Arthur Penn, où il incarnait Eugene Grizzard (le fossoyeur kidnappé). Marié quatre fois, il avait été soigné pour un lymphome en 2000. Son dernier grand rôle remontait à la fin des années 1990, dans une version  pour la télévision "d'Alice au pays des merveilles".