"Miles Ahead", le biopic sur Miles Davis "n'aurait pu se faire sans acteur blanc"

Par @Culturebox
Publié le 18/02/2016 à 18H04
L'acteur et réalisateur Don Cheadle le 18 février 2016 au Festival du film de Berlin.

L'acteur et réalisateur Don Cheadle le 18 février 2016 au Festival du film de Berlin.

© Britta Pedersen/ DPA / AFP

En 2016, à Hollywood, il reste difficile d'obtenir des financements pour un film dont tous les acteurs principaux seraient noirs. Avoir un acteur blanc pour le biopic du musicien Miles Davies "Miles Ahead" était un "impératif financier", a ainsi expliqué jeudi à Berlin le réalisateur du film Don Cheadle.

Avoir un acteur blanc est "un impératif financier"

"Il y a différents critères pris en compte par les financiers pour déterminer si un film est un bon investissement. Et il y a l'idée, non prouvée, que les films avec seulement des acteurs noirs ne peuvent pas connaître une carrière internationale. Je ne vous apprends rien de neuf", a déclaré Don Cheadle.

Acteur ("Iron Man", "Hôtel Rwanda"), Don Cheadle signe avec "Miles Ahead" son premier film en tant que réalisateur. Un film présenté jeudi au festival du film de Berlin.

"Avoir un acteur blanc dans ce film est vraiment devenu un impératif financier", a-t-il ajouté, en référence au comédien Ewan McGregor, qui interprète dans le film l'un des deux rôles principaux, celui d'un journaliste du magazine Rolling Stone qui vient voir Miles Davis.

"Je pense que ça fonctionne parfaitement comme ça, et particulièrement parce que le rôle est joué par Ewan McGregor, que je trouve fantastique dans le film", a dit l'acteur noir de 51 ans, récompensé par un Golden Globe en 2013 pour son rôle dans la série "House of Lies", et nommé aux Oscars en 2005 pour sa performance dans "Hôtel Rwanda".

"Mais c'était l'une des conditions pour obtenir une certaine somme nous permettant d'avoir le budget nécessaire pour faire le film. C'est l'une des réalités de l'industrie dans laquelle nous sommes", a-t-il regretté.
"Miles Ahead" : la bande-annonce

Spike Lee et Meryl Steep réclament plus de diversité

Ces déclarations interviennent alors que le réalisateur américain Spike Lee, qui va boycotter les Oscars où aucun acteur noir n'est nommé, a jugé mardi à Berlin que les studios et chaînes de télévision devraient s'ouvrir à plus de diversité, ne serait-ce que par intérêt car le public est de moins en moins blanc.

L'actrice américaine Meryl Streep, qui préside le jury de la Berlinale, a également déclaré dimanche qu'il faudrait des cadres de l'industrie cinématographique un peu moins blancs et masculins pour ouvrir Hollywood à plus de diversité.

La question sera centrale aux prochains Oscars

A l'approche de la cérémonie des Oscars, qui se déroulent le 28 février, le mot "diversité" est sur toutes les lèvres à Hollywood. Et pour cause. Pour la seconde année consécutive, tous les acteurs et actrices nommés pour la grand-messe du cinéma sont blancs -  pas de Noirs ni d'Hispaniques à l'horzon.

Au point que la question, devenue controverse sous le hashtag #OscarsSoWhite, menace de ravir la vedette à une cérémonie pourtant connue pour son glamour. 

Accusée de racisme institutionnel, l'Académie s'est engagée à doubler d'ici 2020 le nombre de femmes et de représentants des minorités chez ses membres votants pour les nominations aux Oscars , une proportion actuellement établie à respectivement 24% et 7%.