Le "si Proche-Orient" au coeur du 26e Festival international du film d'Histoire

Par @Culturebox
Publié le 29/03/2016 à 12H31
"Kurdistan, Kurdistan", de Bulent Gunduz (2015) est l'un des films projetés dans le cadre du Festival du film d'Histoire de Pessac.

"Kurdistan, Kurdistan", de Bulent Gunduz (2015) est l'un des films projetés dans le cadre du Festival du film d'Histoire de Pessac.

© "Kurdistan, Kurdistan"

Prévu du 16 au 23 novembre derniers, et reporté suite aux attentats du 13 novembre, le Festival international du film d'Histoire de Pessac (Gironde) s'ouvre jeudi 31 mars pour une intense semaine de projections de films et de débats placés sous le thème brûlant "Un si Proche-Orient".

Pour cette 26e édition, le Festival proposera près d'une centaine de films de cette région du monde: des oeuvres de l'Égyptien Youssef Chahine (1926-2008) ou de l'Iranien Abbas Kiarostami, devenus des classiques, aux créations les plus récentes rendant compte des tourments et déchirements d'une région en pleine turbulence dont les échos se ressentent sur toute la planète - tout  récemment encore avec les attentats du 22 mars à Bruxelles.


Le recul nécessaire et la réflexion par le cinéma

"Plus l'actualité est pesante, et rarement le fut-elle autant qu'à l'heure de Daech et des jihadistes, plus s'imposent le recul des réflexions et la fécondation des émotions", explique Jean-Noël Jeanneney, président d'honneur du festival qui se tiendra du 31 mars au 3 avril.

Des films d'Égypte, d'Iran, d'Irak, du Liban, de Turquie, d'Israël et de Palestine, mais aussi de Syrie, d'Arabie saoudite et de Jordanie seront  projetés. Plusieurs réalisateurs viendront à Pessac débattre avec le public. "Le cinéma actuel du Proche-Orient n'est bien souvent qu'un long cri désespéré, son urgence fait sa noblesse", souligne le secrétaire général du  festival, Pierre-Henri Deleau, auteur de la sélection. "Les réalisateurs d'aujourd'hui sont devenus les peintres à charge de leur société. A leur  manière, tous filment l'Histoire en marche et nous la donnent à comprendre", relève-t-il.


En parallèle aux projections, de nombreux spécialistes du Proche-Orient, notamment les historiens Maurice Vaïsse ("Quelle politique internationale de la  France au Moyen-Orient"), Gabriel Martinez-Gros ("Les racines historiques du  jihadisme") ou Henry Laurens du Collège de France ("Le pétrole a-t-il fait le  malheur du Proche-Orient ?" et "Israël-Palestine"), animeront des débats, marque de fabrique de ce festival à la vocation résolument pédagogique et qui avait accueilli près de 40.000 spectateurs pour sa précédente édition, en novembre 2014.

La compétition hors thématique

Hors thématique, dix longs métrages s'affronteront en compétition fiction et dix films en compétition documentaire. La projection en avant-première du film "Maintenant, ils peuvent venir", qui se déroule pendant la "décennie noire" en Algérie, ouvrira jeudi 31 mars le festival en présence du réalisateur Salem Brahimi, et sera précédée de la conférence inaugurale "Genèse du jihad  français" menée par Gilles Kepel, politologue et spécialiste du monde arabe contemporain.
"Ni dieu ni maître", film de Tancrède Ramonet.

"Ni dieu ni maître", film de Tancrède Ramonet.

© Temps noir

En avant-première également, "Ni Dieu, ni maître", film sur l'anarchisme en présence de son réalisateur Tancrède Ramonet, et "Les Champions d'Hitler", sur les sportifs du nazisme, en présence des réalisateurs Valérie Manns et Jean-Christophe Rosé.

Enfin, un hommage sera rendu au journaliste et biographe Jean Lacouture, co-fondateur du festival en 1990, décédé en juillet 2015 : le documentaire "Jean Lacouture ou la position du biographe" (2000) du Belge Hugues Le Paige sera projeté en sa mémoire.