Le film "Antichrist" de Lars von Trier n'a plus de visa d'exploitation

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/02/2016 à 15H09, publié le 03/02/2016 à 14H28
Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe dans "Antichrist" de Lars Von Trier (2009).

Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe dans "Antichrist" de Lars Von Trier (2009).

© Kobal / The Picture Desk

Le visa d'exploitation du film "Antichrist" de Lars von Trier, avec Charlotte Gainsbourg et Willem Dafoe, actuellement interdit aux moins de 16 ans, a été annulé par la justice en raison de "scènes de très grande violence" et de "scènes de sexe non simulées".

Lors de sa présentation en compétition pour la Palme d'or en 2009, "Antichrist", huitième film de Lars Von Trier, avait déjà provoqué la polémique, dénoncé par certains pour pornographie et violence gratuites. L'histoire : un couple se rend dans un chalet isolé pour tenter de se retrouver après la mort de son enfant. Le récit, intimiste, est porté seulement par deux acteurs, Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg, cette dernière recevant pour ce film le prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes.

"Interdiction de ce film à tous les mineurs"

Selon la justice, le film comporte des scènes qui ont "un degré de représentation de la violence et de la sexualité qui exige, au regard des dispositions réglementaires applicables, une interdiction de ce film à tous les mineurs", indique la cour administrative d'appel de Paris dans sa décision rendue publique ce mercredi 3 février. De ce fait, la ministre de la Culture "a commis une erreur d'appréciation en se bornant à interdire sa diffusion aux seuls mineurs de moins de seize ans", a ajouté la cour.

La justice avait été saisie par l'association Promouvoir, proche des milieux catholiques traditionalistes, qui estimait que le film aurait dû être interdit aux moins de 18 ans. Le visa du film avait déjà été annulé par deux fois pour vice de forme par le Conseil d'État, en 2009 et 2012, et un nouveau visa avait été accordé à  chaque fois par la ministre. L'annulation du visa d'exploitation - c'est-à-dire l'autorisation administrative nécessaire à toute exploitation dans les salles - empêche la diffusion du film sur tout support (télé, DVD...), jusqu'à ce qu'un nouveau visa soit accordé.

L'association Promouvoir avait déjà obtenu de la justice en décembre que  l'interdiction aux moins de 12 ans de "La Vie d'Adèle", Palme d'or à Cannes, soit réexaminée. Elle avait aussi réussi cet été à faire interdire aux moins de 18 ans  "Love" de Gaspar Noé, histoire d'amour avec des scènes de sexe non simulées, film au départ simplement interdit aux moins de 16 ans.