Le festival de films de Montréal maintient son programme malgré les restrictions

Par @Culturebox
Publié le 23/08/2014 à 11H48
A Montréal, le Festival des films du monde (archives, ici en 2010)

A Montréal, le Festival des films du monde (archives, ici en 2010)

© Renault Philippe / hemis.fr / AFP

Le Festival des films du monde de Montréal a été obligé de réduire son train de vie, en raison de la perte de soutiens majeurs, et son avenir est incertain. Mais pour sa 38e édition, il a tenté de garder une programmation conforme à ses habitudes.

Jusqu'au 1er septembre, le jury du FFM de Montréal visionnera en compétition officielle une vingtaine de longs métrages, dont trois films allemands, deux italiens, deux japonais et deux français, et au total 350 courts et longs métrages.
 
Mais en coulisses de la cérémonie d'ouverture jeudi soir, il était moins question de la qualité de la programmation que des difficultés financières du FFM, accentuées par l'absence pour cette édition de gros sponsors.
 
Un redressement financier réclamé
 
Au premier rang des défections, la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) du Québec a refusé sa subvention invoquant "une gestion responsable (...) à l'égard des fonds publics". En fait, cette institution veut un assainissement des comptes du FFM et, le mois dernier, elle a réclamé "un plan majeur de redressement financier" en préalable à une éventuelle subvention pour la prochaine édition en 2015.
 
D'autres commanditaires, comme Téléfilm Canada, Loto-Québec ou Tourisme Montréal ont également retiré leur concours au FFM pour cette année.
 
Certains conseillent à la direction du FFM, programmé juste avant le  festival international du film de Toronto, le plus important en Amérique du nord, de se recentrer sur une thématique ou d'en faire un festival de films francophones.
 
Lelouch en ouverture
 
Le festival de Montréal a été obligé de mettre en veilleuse les activités gratuites, et le salaire de certains de ses employés va être réduit, y compris celui de la directrice générale, Danièle Cauchard, rapport le site de Radio Canada. Celle-ci a indiqué que la question des finances serait abordée après la fin de l'événement.
 
Le FFM s'est ouvert jeudi avec Claude Lelouch et la projection de son dernier film, "Salaud on t'aime", critiqué très négativement lors de sa sortie en France au  printemps. Le festival a toutefois la particularité de présenter aussi une "compétition des premières oeuvres".
 
Parmi les 18 films dans cette compétition, figurent celui de la Belge Vania  Leturcq ("L'année prochaine"), ou du Français Raphaël Neal ("Fever") passé d'abord par l'école de la photographie.
 
Un hommage à Resnais
 
Le jury, présidé par le réalisateur et acteur italien Sergio Castellitto, comprend entre autres les réalisateurs franco-algérien Rachid Bouchareb et islandais Fridirik Thor Fridriksson, ainsi que l'actrice espagnole Ana Torrent.
 
Parmi les films de la compétition principale, le second long métrage du réalisateur belge Pierre Bellefroid plus habitué aux courts métrages et documentaires, et qui aborde dans "Melody" le très actuel sujet des mères porteuses avec l'Australienne Rachael Blake ("Sleeping Beauty") et la jeune Belge Lucie Debay ("Somewhere between here and now").
 
Le réalisateur-scénariste français Serge Frydman présente "Maintenant ou jamais" et son homologue japonais Izuru Narushima défend son 13e long métrage avec "Cap nostalgie".
 
En clôture le 1er septembre, Hippolyte Girardot viendra à Montréal rendre hommage à Alain Resnais, avec "Aimer, boire, chanter", le dernier film du réalisateur décédé le 1er mars dernier.