La réalisatrice martiniquaise Euzhan Palcy intègre l'Académie des Oscars

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/07/2016 à 11H59, publié le 09/07/2016 à 11H58
La réalisatrice Euzhan Palcy en mars 2016

La réalisatrice Euzhan Palcy en mars 2016

© SADAKA EDMOND/SIPA

Euzhan Palcy, la réalisatrice de "Rue Case-Nègres" (1983), va intégrer l'Académie des Oscars américains, a-t-on appris vendredi auprès de la cinéaste martiniquaise.

"C'est une très grande joie d'autant que je ne m'y attendais pas", a indiqué Euzhan Palcy à l'AFP. "J'ai reçu une lettre de la présidente de l'Académie, Mme (Cheryl) Boone, me demandant si j'acceptais d'intégrer l'Académie. Evidemment, j'ai répondu oui immédiatement", a-t-elle ajouté.

Euzhan Palcy a par ailleurs salué le combat de Cheryl Boone, qui s'est engagée à féminiser l'institution et à l'ouvrir aux minorités ethniques. Fin juin 2016, la présidente de l'Académie Cheryl Boone Isaacs avait rendu public une liste de plus de 600 professionnels du cinéma invités à intégrer l'Académie. C'était une première réponse aux critiques relayées sur les réseaux sociaux lors de la remise des Oscars en février dernier.

"Les Césars ont beaucoup à apprendre"

Plusieurs voix avaient dénoncé une institution de "vieux, d'hommes et de blancs". Elles réclamaient une plus grande ouverture aux jeunes générations, aux femmes et aux minorités ethniques. Avec l'arrivée des nouveaux membres, la proportion de femmes passe à 46% et celle des personnes de couleur à 41%, selon l'Académie des Oscars.

La réalisatrice martiniquaise a par ailleurs regretté que l'Académie des Césars en France ne prenne pas encore le même chemin. "Les Césars ont beaucoup à apprendre, a-t-elle dit à l'AFP. Les minorités sont complètement absentes et la parité, c'est pareil". "Je suis, a-t-elle poursuivi la première personne noire à avoir été césarisée en 1983 avec "Rue Case Nègres". Je n'ai jamais été invitée par les Césars à remettre un trophée à quelqu'un ou même à participer à une cérémonie", a déploré Euzhan Palcy.

Elle regrette en outre qu'il ne se soit rien passé depuis l'irruption du comédien guadeloupéen Luc Saint-Eloy et de l'écrivain Calixthe Béyala sur la scène de la 25e nuit des Césars en 2000 pour dénoncer l'absence des minorités. Elle rappelle au passage que lors de cette même cérémonie, "on avait tout simplement oublié de citer la disparition quelques mois auparavant de Darling Légitimus, la fameuse Man Tine de "Rue Case Nègres", qui a tourné dans 152 films et qui était la doyenne à l'époque". Jpl/dar