La politique américaine au coeur du festival du film de Toronto qui s'ouvre le 8 septembre

Par @Culturebox
Publié le 06/09/2016 à 17H56
Joseph Gordon-Levitt dans "Snowden" d'Oliver Stone.

Joseph Gordon-Levitt dans "Snowden" d'Oliver Stone.

© Universum Film

Le Festival du film de Toronto, le plus grand du genre en Amérique du Nord, s'ouvre cette semaine en se plongeant avec réalisme dans des thèmes comme la politique américaine ou la radicalisation de jeunes musulmans.

Jeudi, le 8 septembre, ouvrira le Festival du film de Toronto, rampe de lancement de la saison des Oscars. Quelque 400 longs et courts métrages provenant de 83 pays seront projetés jusqu'au 18 septembre dans la métropole canadienne lors de cette grand messe de l'industrie.

Au cours des années précédentes, des productions comme "12 years of Slave",  "Le Discours d'un roi" et "Slumdog Millionaire" étaient repartis de Toronto avec le Prix du public, seule récompense de ce Festival sans jury, avant de décrocher quelques mois plus tard la récompense suprême d'Hollywood, l'Oscar du meilleur film. 

"Snowden" d'Oliver Stone très attendu

Cette année, l'attention se portera en particulier sur le très attendu "Snowden" d'Oliver Stone. Un retour sur la saga de cet ancien employé de la NSA dont les révélations en 2013 sur l'espionnage à grande échelle du gouvernement  américain avaient créé une onde de choc. Une histoire sur mesure pour le réalisateur de "JFK".

"Arrival", film de science-fiction du Québécois Denis Villeneuve, tout comme la romance entre Ryan Gosling, en musicien de jazz, et d'Emma Stone, en aspirante actrice, dans la comédie musicale "La La Land" suscitent également beaucoup d'intérêt. 

Les critiques attendent également beaucoup de "Lion", l'histoire vraie d'un garçon séparé de sa famille, qu'il va retrouver au bout de 25 ans réalisé par Garth Davis, avec Jennifer Connely et Dakota Fanning, mais aussi  "d"American Pastoral", qui revient sur l'idéal de la famille américaine emporté par les bouleversements des années 1960.

Le cinéma européen et asiatique

Le Festival de Toronto représente également une rare opportunité pour des dizaines de films européens ou asiatiques de trouver un distributeur pour attaquer le marché nord-américain. Ainsi, la réalisatrice française Emmanuelle Bercot présente "La Fille de Brest" (avec Sidse Babett Knudsen et Benoit Magimel), directement inspiré du livre "Mediator 150 mg combien de morts" de la pneumologue Irène Frachon, lanceur d'alerte sur le scandale sanitaire de ce médicament coupe-faim.

Le réalisateur-scénariste Arnaud des Pallières ("Michael Kohlhaas") s'est  entouré pour "Orpheline" de quelques jeunes actrices déjà confirmées (Adèle Exarchopoulos, Gemma Arterton, Adèle Haenel...) pour fusionner le parcours de quatre jeunes femmes dans un portrait féminin tout en sensibilité. 

Le Japonais Kiyoshi Kurosawa avec "Le secret de la chambre noire", a réalisé son premier film hors de l'archipel pour tourner en France avec Tahar Rahim, Olivier Gourmet, Constance Rousseau et Mathieu Amalric une comédie  dramatique attendue en salle en février prochain.

Le film de la réalisatrice néerlandaise Mijke de Jong "Layla M.", histoire d'une jeune fille qui quitte Amsterdam et le nid familial pour épouser un jihadiste, va être regardé avec intérêt dans un pays confronté au départ pour la Syrie de jeunes canadiens radicalisés. A noter également en première mondiale de "Marie Curie", film franco-polonais de Marie Noëlle avec Karolina Gruska, du long métrage "Message from the King" du réalisateur belge Fabrice Du Welz ou encore de "Clair obscur" de la Turque Yesim Ustaoglu.

La politique américaine en vedette

En cette année d'élection présidentielle américaine particulièrement tendue, nombre de réalisateurs se sont plongés dans le passé pour en tirer des leçons encore d'actualité. Des figures marquantes de l'histoire américaine ont retrouvé vie au grand écran, dont Jacqueline Kennedy Onassis, interprétée par Natalie Portman, dans "Jackie", et l'ancien président Lyndon B. Johnson dans "LBJ." Et alors que la présidence de Barack Obama s'achève, ses années d'étudiant à New York sont rejouées dans "Barry".

"Je ne sais pas si c'est une coïncidence cette année, avec l'élection présidentielle, qu'autant de gens aient voulu regarder en arrière. Mais il y a un énorme intérêt à se pencher sur des personnages historiques, à essayer de comprendre ce que de tels moments signifient dans l'Histoire et, dans une certaine manière, à les relier au présent", explique à l'AFP le co-directeur du Festival international du film de Toronto (TIFF), Piers Handling.

Remake des "Sept Mercenaires", en écho à la situation sociale américaine

Le Festival débute jeudi avec en ouverture, le remake du western "Les Sept Mercenaires", lui même un remake de "Les Sept Samouraïs" d'Akira Kurosawa. Ce western, avec Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke, Vincent D'Onofrio, Lee Byung-hun et Peter Sarsgaard, est "une intéressante métaphore de ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis", estime Piers Handling. Le film raconte l'histoire "d'une communauté sous contrainte, sous une extrême pression, et comment la population se rassemble pour se défendre. C'est bien représentatif de la société américaine d'aujourd'hui", juge t-il.

En écho avec l'actualité, la radicalisation des jeunes est scrutée par plusieurs films du Canada, d'Europe et d'Afrique, dont le déjà cité "Layla M.", "Nocturama", "Ceux qui font les révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau", "Le ciel attendra" ou encore "Foreign Body".