La guerre de Troie a bien eu lieu avec Francis Huster au Festival Jean Marais

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/08/2013 à 10H22, publié le 30/07/2013 à 18H14
Photo de "La guerre de Troie n'aura pas lieu" de Jean Giraudoux / Mise en scène : Francis Huster

Photo de "La guerre de Troie n'aura pas lieu" de Jean Giraudoux / Mise en scène : Francis Huster

© France 3/ Culturebox

Dans le cadre du festival Jean Marais, le superbe théâtre de la mer a accueilli Francis Huster et sa revisite du chef-d'oeuvre de Jean Giraudoux : "La guerre de Troie n'aura pas lieu", dont la première représentation (de et avec Louis Jouvet) au Théâtre de l'Athénée en 1935 a fait date. Une pièce qui aujourd'hui encore touche par sa puissance d'évocation et le charme de sa belle langue.

Après être passés par le Festival des Jeux du Théâtre de Sarlat, les 16 comédiens de "La guerre de Troie n'aura pas lieu" ont conquis les spectacteurs de Golfe-Juan, sous les auspices bienveillants du grand Jean Marais, éternel protecteur du Théâtre de la mer. A travers une mise en scène d'une élégante sobriété et des costumes signés Christian Dior, Francis Huster, amateur de belles lettres, donne la primauté au magnifique texte de Giraudoux.

Reportage de M. Brucker, R. De Silvestro, E. El Koubi, J. Gross
Saluée par les critiques et le public dès sa première en 1935, "La guerre de Troie n'aura pas lieu" étonne par sa capacité à faire correspondre texte "classique" (basée sur un prélude à L'illiade) et préoccupations contemporaines. A travers l'histoire des prémices de la guerre de Troie, dont tout le monde sait qu'elle aura bel et bien lieu, Giraudoux renvoie au spectre de la première guerre mondiale, "la der des der", alors qu'un nouveau conflit mondial semble inévitable. Après l'élection d'Hitler comme chancelier du Reich en 1933 et l'invasion de l'Ethiopie par Mussolini en 1934, l'auteur pose un regard lucide sur la société de son temps, qui connaît une crise politique sans précédent.

Les personnages, vieux de 3 000 ans, semblent pourtant proches et touchent le coeur du public, rappellant l'angoisse inhérente à la condition humaine, capable des pires barbaries. Une manière de tirer des enseignements du passé. Alors que des fous s'apprêtent à attaquer Troie sous un prétexte dérisoire (l'enlèvement d'Hélène par Paris), d'autres fous, s'apprêtent eux, à mettre le monde à feu et à sang. Cri d'alarme d'un pacifiste convaincu qui, s'il n'a pas  suffit à changer un funeste destin, a livré une oeuvre intemporelle qui invite à la paix dans le monde. Un sujet malheureusement toujours d'actualité tant la violence et la guerre restent les plus grandes plaies de notre monde "moderne".