L'identité sexuelle, une thématique forte au festival du film de Toronto

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/09/2015 à 09H55, publié le 09/09/2015 à 09H53
Photo extraite de "Demolition" de Jean-Marc Vallée

Photo extraite de "Demolition" de Jean-Marc Vallée

© Fox Searchligh

Le Festival international du film de Toronto fait place à des thématiques fortes comme l'identité sexuelle, la musique ou les drones, et déroulera le tapis rouge, jeudi à l'ouverture, au Canadien Jean-Marc Vallée pour son film "Demolition". 400 films de 71 pays sont projetés jusqu'au 20 septembre.

Toronto est un peu le festival fétiche du réalisateur canadien. C'est là que ses deux derniers films ont entamé avec succès leur parcours, avec "Wild" (avec Reese Witherspoon) en 2014 et "Dallas Buyers Club" (2013) et ses deux oscarisés Matthew McConaughey et Jared Leto. Dans "Demolition", présenté en première mondiale, Jean-Marc Vallée reprend  les thèmes familiers de l'errance émotionnelle, chemin obligé vers la rédemption. Le film suit ainsi l'histoire de Davis (Jake Gyllenhaal), brillant cadre dans une banque d'investissement pris dans la tourmente après la mort de sa femme.
Bande annonce de "Demolition" de Jean-Marc Vallée
Pour sa 40e édition, le festival va surtout mettre en avant des films sur l'identité sexuelle et le changement de sexe, un thème illustré au printemps  2015 par l'annonce du changement d'identité de Caitlyn Jenner, née Bruce et ancien champion olympique de décathlon. Parmi les films abordant cette thématique, Toronto va proposer "About Ray", où une jeune adolescente se bat pour devenir un homme. Le rôle principal est interprété par la jeune américaine Elle Fanning, avec au casting Naomi Watts et Susan Sarandon. "The Danish Girl", présenté à la Mostra de Venise, va être projeté aux festivaliers canadiens.
 
Les réalisateurs sont souvent attirés par les sujets sur "l'actualité ou les réalités sociales, que ce soit un conflit mondial ou un changement plus  personnel", juge le directeur du festival Cameron Bailey. Pour cette édition, les cinéastes "ont commencé à raconter des histoires en plus grand nombre sur des transgenres" ou des minorités sexuelles, a-t-il déclaré à l'AFP. Au programme, un long-métrage ("Stonewall") sur une des  premières luttes des gais ou lesbiennes avec les manifestations en 1969 à New York ou encore "Freeheld" racontant l'histoire d'une officier de police (Julianne Moore) dans son combat pour faire reconnaître des droits à sa partenaire (Ellen Page). Le directeur du festival estime que le public est maintenant plus réceptif aux films sur l'identité sexuelle et les problèmes des minorités.
              

400 films de 71 pays jusqu'au 20 septembre

  
"Il y a bien plus d'intérêt pour ces sujets en dehors de la communauté Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres qu'il n'y en avait jusqu'ici", assure Cameron Bailey, parce que les réalisateurs ont contribué à montrer cette réalité. Un film comme "Lawrence Anyways" du réalisateur québécois Xavier Dolan sur l'amour impossible entre un transgenre et sa compagne n'a pas eu le succès en salle que l'accueil de la critique pouvait laisser penser à Cannes en 2012.

Le dernier film de Ridley Scott "Seul sur Mars" est très attendu. Matt Damon y interprète un astronaute abandonné par les autres membres de l'équipage et bloqué sur Mars, avec Jessica Chastain ou Kristen Wiig. L'émergence des drones, militaires ou civils, devient aussi l'objet de films avec les long-métrages "Eye in the Sky" de Gavin Hood avec Helen Mirren  et Aaron Paul, ou "Full Contact" de David Verbeek. Six ans après son dernier documentaire sur les dérapages du système capitaliste, l'Américain Michael Moore s'attaque à la logique militaire américaine avec "Where to Invade Next".

Un documentaire sur Aretha Franklin déprogrammé 


L'univers musical est aussi le sujet de plusieurs longs-métrages ("I Saw  the Light", "The Idol"...) à Toronto qui a dû se résigner mardi à retirer de sa programmation le documentaire sur l'enregistrement d'Amazing Grace, en raison d'une procédure  judiciaire. Une bataille oppose l'équipe du documentaire aux avocats de la chanteuse américaine âgée de 73 ans à propos de la propriété des images du film. "Les images de ce film constituent un réel trésor cinématographique de la musique du XXe siècle et nous espérons qu'un large public aura la chance de voir ce film quand un terrain d'entente aura été trouvé", ont déclaré les organisateurs du TIFF. Filmées par feu Sydney Pollack, décédé en 2008, ces images avaient été obtenues par le producteur Alan Elliott.