L'appel de 26 réalisateurs majeurs pour mieux diffuser le cinéma européen

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/04/2015 à 18H21, publié le 09/04/2015 à 15H06
Michel Hazanavicius, est l'un des 26 cinéastes européens à lancer un appel en faveur de la diffusion des films européens.

Michel Hazanavicius, est l'un des 26 cinéastes européens à lancer un appel en faveur de la diffusion des films européens.

© Bertrand Langlois / AFP

Vingt-six cinéastes européens, dont le Français Michel Hazanavicius, les Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, le Britannique Ken Loach, l'Italien Paolo Sorrentino ou encore l'Allemand Wim Wenders, ont lancé jeudi à Rome un appel pour favoriser la diffusion des films européens dans toute l'Europe.

"Il n'est pas normal que toutes les cinématographies d'Europe peinent à être accessibles pour tous les publics", écrivent ces 26 cinéastes, qui jugent urgent de prendre des mesures "afin que l'Europe soit irriguée de tout son cinéma".

Que proposent-ils ?

Ils prônent par exemple une meilleure protection des salles de cinéma existantes et des mesures pour en créer de nouvelles.

Aux chaînes de télévision publiques, ces cinéastes réclament l'élaboration d'une charte de meilleure diffusion des oeuvres en travaillant sur les échanges ou à des programmations mutuelles ou réciproques.

"L'espoir d'une plateforme de diffusion du cinéma indépendant européen doit être un objectif crédible", écrivent-ils dans ce texte, rendu public à l'occasion d'une table ronde organisée en marge du festival du Nouveau cinéma français de Rome, qui s'est ouvert mercredi soir.

Ces cinéastes européens, de tous horizons, estiment également qu'il est urgent de favoriser l'émergence d'acteurs européens capables de concurrencer les géants mondiaux en matière de diffusion de films à la demande (VOD).

Taxer les géants du Net

Il faut aussi, disent-ils, que la Commission européenne ait l'ambition d'"insérer les géants mondiaux du Net dans la fiscalité et l'économie de la création". Et qu'elle cesse aussi d'être méfiante vis-à-vis des créateurs, selon l'un d'entre eux. "Le droit d'auteur est présenté par la Commission européenne comme un frein, comme un obstacle", a ainsi déclaré M. Hazanavicius à la presse.

Pour y parvenir, la taxation de la bande passante, ou taxe sur le débit d'un réseau internet, telle qu'envisagée par la ministre française de la Culture, Fleur Pellerin, semble "une voie pertinente", selon ces cinéastes.

"Nous devons d'urgence imaginer une fiscalité culturelle pour les acteurs mondialisés de la diffusion", écrivent encore ces cinéastes.