Journée de l'autisme : appel aux politiques, soutenu par des artistes

Par @Culturebox
Publié le 02/04/2017 à 15H04
Le 9 octobre 2014, François Hollande visitait une école à Angoulême, dotée d'une unité d'enseignement destinée aux enfants autistes de 3 à 6 ans.

Le 9 octobre 2014, François Hollande visitait une école à Angoulême, dotée d'une unité d'enseignement destinée aux enfants autistes de 3 à 6 ans.

© Nossant / SIPA

Plusieurs personnalités, dont les acteurs Isabelle Carré, Valérie Bonneton, Samuel Le Bihan et Bruno Wolkowitch soutiennent la campagne de l'association SOS Autisme France qui fait 10 propositions à l'attention des candidats à la présidentielle pour "changer le quotidien" des enfants et adultes autistes, dans une campagne télévisée diffusée à partir de dimanche.

Outre ces acteurs, le nageur amputé des quatre membres Philippe Croizon, ou encore l'avocat Eric Dupont-Moretti, apparaissent dans le clip de SOS Autisme France, "Tous unis, tous  concernés par l'autisme ", diffusé sur plusieurs chaînes à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme.
 
"Il existe des méthodes éducatives qui permettraient de faire progresser (mon fils) et de le rendre autonome", y témoigne Maureen, une maman.  Soulignant que cette prise en charge "coûte entre 2.000 et 3.000 euros par  mois", elle demande un "remboursement intégral, comme c'est le cas pour le  cancer ou d'autres handicaps".
 
Pour assumer les interventions "nécessaires et adaptées" (psychologues, psychomotriciens ...), "les familles se précarisent jusqu'au surendettement",  souligne Olivia Cattan, présidente de l'association, dans un communiqué.
SOS Autisme France, la campagne 2017


Pour des formations qualifiantes

Alors que 80% des enfants autistes ne sont pas scolarisés, une auxiliaire de vie scolaire (AVS) et un enseignant soulignent dans le clip le manque de connaissance de ce trouble neuro-développemental dans les établissements scolaires. Ils demandent des "formations qualifiantes et diplômantes" pour les  AVS et une "sensibilisation" de tous les personnels concernés.
 
"Malgré mes compétences et mes diplômes, les entreprises refusent de m'embaucher parce que je suis autiste", témoigne Alexandre, demandant la  création d'un label qui récompense les entreprises employant des personnes autistes.
 
L'association demande notamment une formation spécialisée des professionnels de santé, le financement d'unités de recherche, ainsi que l'arrêt de l'utilisation du mot "autiste" de façon péjorative.
Sésame Autisme dénonce l'"exil forcé" des enfants autistes en Belgique


Contre l'"exil" forcé en Belgique

Un autre film diffusé sur les réseaux sociaux pour la fédération Sésame Autisme alerte, par la voix de l'acteur Lambert Wilson, sur la situation des enfants autistes "exilés de force en Belgique", faute de structures adaptées en  France.
 
Selon l'Inspection générale des Affaires sociales (Igas), 1.451 enfants handicapés, dont une proportion "conséquente" atteints d'autisme, étaient accueillis dans des établissements belges fin 2015. 650.000 personnes en France seraient atteintes de troubles du spectre de l'autisme  (TSA), selon les associations. Un nouveau-né sur cent serait concerné.
 
Selon Olivia Cattan, plutôt qu'un "énième plan autisme ", il faut "un changement radical de vision sur l'autisme  en France".