Isabelle Huppert Golden Globe de la meilleure actrice dramatique pour "Elle" de Paul Verhoeven

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/01/2017 à 09H58, publié le 09/01/2017 à 08H43
Isebelle Huppert Golden Globe de la meilleure actrice dans "Elle", janvier 2017

Isebelle Huppert Golden Globe de la meilleure actrice dans "Elle", janvier 2017

© Paul Drinkwater/AP/SIPA

Isabelle Huppert a reçu dimanche le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique pour son rôle dans "Elle" de Paul Verhoeven, sacré meilleur film en langue étrangère. Dans cette adaptation d'un roman de Philippe Djian, elle interprète une femme violée qui, loin de s'effondrer, va traquer son agresseur, se lancer dans un jeu érotique, masochiste avec lui.

L'actrice française était notamment en lice contre Amy Adams ("Premier contact") et Natalie Portman ("Jackie"), qui était donnée favorite. En recevant son prix dans une robe grise brodée de strass, la comédienne a chaleureusement remercié Paul Verhoeven de l'avoir "laissée être (elle-même)". "Merci", a-t-elle dit aux votants de l'Association de la presse étrangère d'Hollywood, qui décernent les Globes, "de m'avoir fait gagner dans un film français dirigé par un réalisateur néerlandais, ici aux Etats-Unis".
"Il y a des gens du monde entier dans cette salle, de Chine, d'Amérique, d'Europe. N'attendez pas du cinéma qu'il dresse des murs et des frontières", a-t-elle lancé sur la scène de l'hôtel Beverly Hilton où se déroulait la soirée des Globes, dans un message au président élu Donald Trump. Il a promis d'ériger un mur entre les Etats-Unis et le Mexique et mené une campagne anti-immigration. "Le cinéma abolit parfois les frontières" avait-elle déclaré la veille dans un entretien à l'AFP.
Paul Verhoeven n'était venu qu'une seule fois auparavant au Festival de Cannes en présentant le thriller "Basic Instinct". 24 ans plus tard, le réalisateur hollandais, reprend les codes de ce genre avec Isabelle Huppert à la chasse de son agresseur masqué.
Avec plus de 100 films à son actif, Isabelle Huppert a tourné avec les plus grands metteurs en scène du monde, dont aux Etats-Unis Otto Preminger, Michael Cimino, Hal Hartley ("Amateur") et David O'Russell ("J'adore Huckabees"). Elle a déjà gagné de nombreux prix mais n'avait été que peu récompensée aux Etats-Unis, avant "Elle". Ce Golden Globe complète la moisson américaine de récompenses que lui a valu ce thriller transgressif de Paul Verhoeven, accueilli par des critiques dithyrambiques. Forte de ce Globe, elle peut espérer une nomination aux Oscars.

Dans cette adaptation d'un roman de Philippe Djian, elle interprète une femme violée qui, loin de s'effondrer, va traquer son agresseur, se lancer dans un jeu érotique, masochiste avec lui. "Je suis vraiment heureuse de la réception du film et de l'attention qui lui est portée", avait-elle expliqué à l'AFP samedi. "Le fait qu'elle soit présentée dans la multiplicité de ce qu'on est tous au fond, une mère, une ex-femme, une fille, ça en fait un personnage particulièrement riche", avait-elle estimé. L'actrice française s'est intéressée tôt au rôle, après avoir lu le livre de Djian et avant que le projet de film n'existe. Le rôle de Michèle avait à l'origine été proposé à plusieurs actrices américaines qui l'ont refusé, le jugeant trop risqué.
Paul Verhoeven a répété dimanche qu'il n'y a selon lui qu'Isabelle Huppert  au monde qui aurait pu incarner ce personnage, louant "son audace", "son authenticité", "son talent"

La comédienne de 63 ans qui s'apprête à tourner "Eva" de Benoît Jacquot, a expliqué que "dans les films il n'y a pas beaucoup de choses qui me font peur. la vérité ne me fait jamais peur. Dans la vie c'est autre chose". Elle a ajouté que "faire des films c'est une question de confiance. Paul et moi nous voulons prendre des risques en faisant de tels films. Même si ça dérange. Explorer la psychologie humaine c'est ce qui donne sa valeur au cinéma".

Paul Verhoeven, connu notamment pour "Basic Instinct" et "Total Recall", a déploré dimanche auprès des journalistes l'absence d'intérêt qu'avaient montré les producteurs américains pour le projet. "Il y avait de la controverse aux Etats-Unis autour de ce film" mais "j'ai vraiment cru dès le départ que ce serait très étrange si (Isabelle Huppert ) ne gagnait pas un prix" pour sa performance. Il estime qu'"Elle" a gagné le Globe du meilleur film étranger - face notamment à deux autres coproductions françaises "Le client" et "Divines" - parce qu'il est "innovant" et "ne cherche pas être moralisateur".