Golden Globes : la passe d'armes entre Meryl Streep et Donald Trump

Par @Culturebox
Mis à jour le 09/01/2017 à 19H06, publié le 09/01/2017 à 15H37
Meryl Streep aux Golden Globes, le 8 janvier 2017. L'actrice qui recevait le Prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière, a taclé Donald Trump en évocant notamment les origines étrangères diverses des actrices nommées aux Golden Globes.

Meryl Streep aux Golden Globes, le 8 janvier 2017. L'actrice qui recevait le Prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière, a taclé Donald Trump en évocant notamment les origines étrangères diverses des actrices nommées aux Golden Globes.

© Paul Drinkwater/AP/SIPA

Encore secoués par l'élection de Donald Trump, plusieurs membres éminents d'Hollywood, Meryl Streep en tête, ont exprimé le 8 janvier à la cérémonie des Golden Globes leur hostilité au futur président, qui a accusé l'actrice d'être le "larbin" de son ex-rivale Hillary Clinton.

"Meryl Streep, une des actrices les plus surcotées d'Hollywood, ne me connaît pas et m'a attaqué hier soir aux Golden Globes", a tweeté lundi 9 janvier à l'aube Donald Trump. "C'est un larbin d'Hillary qui est largement perdante".


Meryl Streep à propos de Donald Trump : "l'irrespect amène l'irrespect"

L'actrice de 67 ans aux trois Oscars a notamment ironisé sur ce qui avait été pour elle la "performance" de l'année de Donald Trump quand ce dernier avait imité, lors d'une réunion publique en novembre 2015, un journaliste du New York Times (Serge Kovaleski) qui souffre d'une maladie articulaire limitant les mouvements de ses bras. Pour Meryl Streep, ce genre de débordements "s'immisce dans la vie de tout le monde, parce que cela autorise d'autres à faire la même chose". "L'irrespect amène l'irrespect. La violence incite à la violence", a-t-elle dit. "Et quand les puissants se servent de leur rang pour brutaliser les autres, nous sommes tous perdants".

Le président élu des Etats-Unis a rétorqué lundi sur Twitter qu'il ne s'était "jamais moqué d'un journaliste handicapé". "Pour la centième fois, je ne me suis jamais moqué d'un journaliste handicapé (je ne ferais jamais ça) mais j'ai montré comment il s'était "incliné" quand il a changé entièrement une histoire d'il y a 16 ans écrite dans le but de me montrer sous un mauvais angle", a tweeté Donald Trump. "Des médias juste encore plus malhonnêtes !", a-t-il ajouté. Sa conseillère Kellyanne Conway a renchéri sur Fox News estimant que l'actrice "éveillait les pires instincts des gens", s'étonnant de ne pas l'avoir "entendue crier quand un garçon mentalement perturbé a été torturé en  direct sur Facebook pendant une demi-heure par 4 jeunes adultes noirs qui  criaient des insultes racistes et anti-Trump (...)".

Le mépris de Trump pour Hollywood, selon Meryl Streep

Après d'autres intervenants qui avaient aussi critiqué le président élu, Meryl Streep a lancé aux spectateurs assis dans la salle qu'ils appartenaient "aux segments les plus diabolisés de la société américaine en ce moment". L'actrice, qui a reçu le 8 janvier le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière, a aussi évoqué les origines très diverses des autres actrices nommées aux Golden Globes. Une référence très claire au discours abrasif de Donald Trump, qui s'en est très régulièrement pris aux médias, n'a jamais caché son mépris pour Hollywood et a notamment tenu des propos insultants vis-à-vis des Mexicains.

"Hollywood croule sous les gens venus d'ailleurs et les étrangers", a-t-elle poursuivi. "Si vous les mettez tous dehors, vous n'aurez plus rien à regarder, que du football américain et des arts martiaux mixtes, qui ne sont pas de l'art". "Il y a des gens du monde entier dans cette salle, de Chine, d'Amérique, d'Europe. N'attendez pas du cinéma qu'il dresse des murs et des frontières", a renchéri, un peu plus tard, l'actrice française Isabelle Huppert, prix de la  meilleure actrice dans un rôle dramatique, dans un message direct au président  élu. Ce dernier a promis d'ériger un mur entre les Etats-Unis et le Mexique.

Références corrosives ou humoristiques à Trump

La première référence à l'homme d'affaires a été faite dans le registre de l'humour par Jimmy Fallon, le présentateur de la soirée. Mentionnant le film de Stephen Frears "Florence Foster Jenkins", qui évoque une très mauvaise chanteuse d'opéra, l'animateur de la chaîne NBC a expliqué que "même elle" avait refusé de se produire lors de la cérémonie d'investiture de Donald Trump, le 20 janvier. L'équipe de transition du président élu a en effet le plus grand mal à obtenir la présence de têtes d'affiches lors de ce grand raout, alors que Barack Obama avait réuni un aréopage de vedettes lors de ses deux cérémonies d'investiture.

Les références se sont ensuite faites plus corrosives à mesure que la soirée avançait. Récompensé pour son second rôle dans "The Night Manager", l'acteur  britannique Hugh Laurie s'est dit honoré de faire partie des gagnants "des derniers Golden Globes de l'histoire". "Je ne veux pas être sombre. C'est juste qu'il y a les mots Hollywood,  étranger et presse dans le titre", a expliqué celui qui a longtemps incarné le "Dr House" de la série du même nom.