FIFF de Namur : la curieuse odyssée du "Goût des myrtilles"

Par @Culturebox
Publié le 10/10/2014 à 15H22
Michel Piccoli et Natasha Parry dans "Le goût des myrtilles"

Michel Piccoli et Natasha Parry dans "Le goût des myrtilles"

© Novak Prod

Le 29e Festival International du Film Francophone s'achève ce vendredi à Namur (Belgique). Parmi les films remarqués, "Le goût des myrtilles" de Thomas de Thier, avec Michel Piccoli, Natasha Parry et une courte participation du chanteur Arno.

"A partir d'un certain âge, les jours commencent à se ressembler...". Mais pour Jeanne (Natasha Parry) et Michel (Michel Piccoli), le 3 juin ne peut jamais vraiment tout à fait être une date comme les autres. Date du souvenir, date anniversaire, un matin de printemps la mort de leur fils âgé de 20 ans.

Pas de pathos larmoyant ici, mais un étonnant cinéma contemplatif qui croise la route de l'art contemporain.
Piccoli, massif, poétique, toujours beau, entraîne son épouse dans un voyage dont on ne sait s'ils reviendront. La nature devient le témoin de leur escapade, la caméra qui glissait sur les murs de la maison s'arrête ici sur les insectes des bords de route, les papillons, les fourmis, les escargots, les petits lézards bicolores trouvés sur la route comme les cailloux du Petit Poucet...

Comment la nature peut encore s'offrir ainsi et les arbres donner tant de force alors que Philippe n'est plus ? Comment peut-on survivre à la mort d un enfant ? En ce jour de printemps, tombée du ciel, la neige enveloppera les deux comédiens dans une scène d'une absolue beauté.

Alors oui, il faut être dans l'acceptation du genre, sinon on risque fort de rester sur le seuil. Si le film pêche par quelques longueurs, inhérentes au style, cette curieuse odyssée dans laquelle le chanteur Arno fait une courte apparition nous laisse dans la bouche peut être pas le goût des myrtilles mais celui d'un cinéma furieusement libre et affranchi de tout.
Michel Piccoli, Thomas de Thier et Natasha Parry (Le goût des myrtilles) © Novak Prod
A plus de 80 ans le couple s'aime encore. Elle lui murmure ainsi : "Souvent, je me dis que j'aurais aimé passer plus de temps avec toi. Une vie c'est un peu court non ?"