"Stand clear of the closing doors" : un autiste perdu dans le métro new yorkais

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/09/2013 à 22H18, publié le 03/09/2013 à 21H46
Jesus Sanchez-Velez dans "Stand Clear of the closing doors"

Jesus Sanchez-Velez dans "Stand Clear of the closing doors"

© DR

"Stand clear of the closing doors" en compétition à Deauville est le second long métrage de Sam Fleischner. Dans un concept minimaliste, il suit l'errance d'un adolescent autiste dans le métro de New York à l'approche de l'ouragan Sandy. En parallèle, et pendant les quelques jours que dure la fugue de Ricky, le spectateur suit la montée de l'inquiétude dans sa famille. Adapté d'une histoire vécue.

De Sam Fleischner (Etats-Unis), avec : Andrea Suarez Paz, Jesus Sanchez-Velez, Azul Zorrilla, Tenoch Huerta - 1h42

"Stand clear of the closing doors", c'est l'annonce que l'on entend dans le métro de New York lors de la fermeture des portes. C'est aussi la phrase que Ricky (Jesus Sanchez-Velez) aura le plus entendu pendant ses quelques jours de fugue. Une remontrance suffit pour que le jeune garçon, autiste et atteint du syndrome d'Asperger, ne rentre pas après l'école et suive une image aperçue sur le blouson d'un voyageur. Le voici au début d'une longue errance au hasard des correspondances du métro tentaculaire de la métropole new yorkaise. 
Extrait du film, avant la fugue de Ricky
Sacré cinéaste
Il faut être un sacré cinéaste pour tenir son spectateur pendant une heure trente-sept avec une histoire aussi mince. Bien sûr, en parallèle de l'odyssée souterraine de Ricky, il filme la montée de l'angoisse chez sa mère (Andrea Suarez Paz), une femme de ménage qui imagine le pire au fur et à mesure que passe le temps. Le récit est aussi l'occasion de découvrir le quotidien des modestes familles hispaniques de Rockaway Beach, au bout d'une des lignes de métro, dans le quartier du Queens. Le film témoigne également des ravages du cyclone Sandy passé par là au moment du tournage et que Sam Fleischner a su très bien intégrer dans son récit.

Errance souterraine
Plus de la moitié du film se passe sous terre, dans les voitures, les couloirs ou les quais du métro. On y suit Ricky, lui qui ne sait pas qu'il a faim, qui ne trouve pas les toilettes, dort où il peut et reçoit le soutien d'un clochard qui lui offre une banane que le jeune garçon ne pense même pas à manger.

Le but c'est le chemin
Bien sûr la question qui accompagne le spectateur pendant toute la projection est simple : Ricky va-t-il s'en sortir, ne sera-t-il pas victime de violence, ne va-t-il pas tomber sur la voie? Pour résumer, la quête de sa mère sera-t-elle récompensée? Alors, oui, le film se termine bien, mais ce n'est finalement pas l'essentiel. Comme l'a écrit Goëthe, le but c'est le chemin. Et dans ce film, plein d'une émotion bien maîtrisée, l'errance de Ricky, perdu dans le désert surpeuplé du métro de New York, suffit à faire de ce film un moment qui ne s'oublie pas.

Longueurs ou pas longueurs ?
A la sortie de la projection quelques spectateurs commentant "Stand clear of the closing doors", évoquaient des longueurs. S'il y en avait, elles n'ont pas été ressenties par tout le monde. L'enjeu, le simple enjeu de la vie d'un enfant autiste de 13 ans peut suffire. Il peut davantage tenir en haleine un public attentif que l'aventure d'un superhéros sauvant le monde de l'ultime catastrophe. Tout dépend du moment, tout dépend du public.