[DEAUVILLE] "Wrong cops" : le Français Quentin Dupieux en Amérique

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/09/2013 à 10H34, publié le 31/08/2013 à 16H07
Marilyn Manson dans "Wrong Cops" de Quentin Dupieux

Marilyn Manson dans "Wrong Cops" de Quentin Dupieux

© UFO Distribution

Quentin Dupieux, alias Monsieur Oizo quand il interprète de la techno, n'est pas à son coup d'essai déjanté avec "Wrong Cops". On se souvient notamment de son "Rubber" qui contait l'histoire d'un pneu (si, si un pneu) serial killer, aux frontières de l'Arizona que l'on vous conseille chaudement. Son casting comprend cette fois Marilyn Manson qui n'est pas facile à déplacer, mais aussi Eric Judor.

De Quentin Dupieux (France), avec : Mark Burnham, Marilyn Manson, Eric Judor, Grace Zabriskie - 1h25

Synopsis (parmi d'autres résumés possibles) : Duke est un policier enclin à l’escroquerie et passionné de musique, patrouillant dans les rues de Los Angeles. Lors d’une pause pipi, il rencontre le jeune David Dolores Frank, qui est fou de techno. Révulsé par les goûts musicaux du jeune homme, Duke décide de lui montrer ce qu’est la bonne musique.

Quentin Dupieux connait sur le bout des doigts (gras?) le mythe du policier américain au cinéma. Dans ce quartier de Los Angeles, il n'y en a pas un pour racheter l'autre. Ce sont tous des "bad lieutenants" mais on est bien loin d'Abel Ferrara. Entre celui qui deale de l'herbe qu'il vend à ses clients dans un rat mort entouré de scotch de déménagement et l'autre qui braque jusqu'à ses collègues féminines pour qu'elles lui montrent leurs seins, aucun n'échappe au délire potache de Dupieux.

Références
Au spectateur qui se demande si le scénariste n'a pas fumé un rat entier au moment de se mettre au travail, on répondra que tout est possible à quelqu'un qui parvient à réunir dans une même distribution Marylin Manson et Eric Judor (oui, celui de Eric et Ramzy!). Evidemment, le film est truffé de références, comme la double allusion au générique de la mythique série comique "Police Squad", lieu de naissance du célèbre lieutenant Frank Drebin. On reconnait ça et là des influences : National Lampoon, Hari-Kiri, Mad. Le film est à ranger au rayon des ovnis cinématographiques aux côtés de ces merveilles du mauvais goût assumé que sont "Bubba Ho-Tep" de Don Coscarelli en 2002 ou le français "Gros dégueulasse"de Bruno Zincone en 1985 avec Maurice Risch.

Lassant
Tourné dans une ambiance et des couleurs très années 70, "Wrong cops" dégomme tout ce qui passe : le sexe, l'argent, la drogue, la mort, l'autorité et c'est plutôt drôle. Drôle mais lassant. La surprise passée, au bout de 10 minutes, on a à peu près compris ce qu'on va voir dans l'heure et vingt-cinq minutes qui vont suivre. Flics adipeux en slip, flics crétins compositeurs de tecno pourrie, flics obsédés sexuels, flics du genre "Village People", fliquette blonde prête à tout pour une mallette de dollars, flics, flics, cops, cops... Même le titre est bancal "Wrong cops" répond bêtement au "Bad Lieutenant".
"Wrong Cops" : la bande-annonce
Gaudriole parodique
Il faudra donc être amateur de la gaudriole parodique pour tenir sans s'énerver jusqu'à la fin de cette pochade volontairement maladroite. Ou bien décider de se laisser glisser dans ce monde moche, bête et méchant mais hilarant à condition d'y adhérer volontairement. Et pourquoi pas ?