[DEAUVILLE] Hommage à cinq personnalités du cinéma américain

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 04/09/2014 à 11H11, publié le 03/09/2014 à 20H07
Le drapeau américain flotte dans le ciel de Deauville

Le drapeau américain flotte dans le ciel de Deauville

© MYCHELE DANIAU / AFP

Pour son 40e anniversaire, le Festival du cinéma américain de Deauville a décidé de rendre hommage à la comédienne Jessica Chastain, aux acteurs Ray Liotta et Will Ferrell, au réalisateur John McTiernan et au producteur Brian Grazer, un choix éclectique et judicieux.

Jessica Chastain
Née Jessica Howard en 1977 dans le nord de la Californie, Jessica Castain passe dans un premier temps par la danse, puis le théâtre pour rejoindre la prestigieuse Juilliard School de New York, après avoir pris le nom de sa mère. Elle commence donc à la scène et rapidement obtient de petits rôles dans des séries télévisées, dont "Urgences".
Jessica Chastain dans "Des hommes sans loi"

Jessica Chastain dans "Des hommes sans loi"

© The Weinstein Company
Elle décroche son premier rôle au cinéma dans "Jolene" où elle endosse le rôle-titre sous la direction de Dan Ireland. Puis elle joue dans le deuxième film d'Al Pacino, "Wilde Salome" d'après Oscar Wilde. Elle ne cesse alors de faire des allers et retours entre Los Angeles et New York, passant du théâtre à la télévision et au cinéma.

Elle perce l'écran en 2011 dans "Tree of Life" de Terrence Malick, Palme d'or à Cannes, où elle incarne l'épouse illuminée de Brad Pitt. Les films s'enchaînent alors, dont "Take Shelter" de Jeff Nichols qui fait également grosse impression sur la Croisette. Puis elle est nommée aux Oscars pour un second rôle féminin dans "La Couleur des sentiments" de Tate Taylor.  Elle se retrouve ensuite dans "Des hommes sans loi", en compétition à Cannes, et surtout "Zero Dark Thirty" de Kathryn Bigelow, sur la traque contre Ben Laden.
"The Tree of Life" : la bande-annonce
La comédienne sera bientôt à l'affiche de "Interstellar" de Christopher Nolan qui sort le 5 novembre. Elle tient le rôle-titre de "The disapearence of Eleanor Rigby", projeté à Un certain regard à Cannes cette année, ainsi qu'a Deauville. Elle est enfin "Mademoiselle Julie", d'après Strindberg, filmée par Liv Ullman, sur les écrans le 10 septembre.

Ray Liotta
Raymond Allen Liotta, né dans le New Jersey en 1951, puis adopté, rejoint l'université de Miami pour étudier la comédie. Ses débuts à la télévision s'effectuent dans un soap opera, "Another World", dans lequel il joue de 1978 à 1981.
ray Liotta dans "Slow Burn"

ray Liotta dans "Slow Burn"

© GreeneStreet Films
Il décroche son premier rôle au cinéma en 1983 dans "The Lonely Lady", mais perce dans "Dangereuse sous tous rapports" en 1986, au côté de Mélanie Griffith qui l'a recommandé au réalisateur Jonathan Demme. Mais c'est "Les Affranchis de Martin Scorsese qui lui donne la consécration internationale.

Ray Liotta enchaîne dans la foulée toute une série de polars, où il incarne des flics souvent ambigus, dont l'excellent "Copeland" en 1997, de James Mangold, avec Sylvester Stallone, Robert De Niro et Harvey keitel, ou "Hannibal", la suite du "Silence des agneaux", signé Ridley Scott. Sa carrière perd ensuite de sa superbe, avec des films qui ne sortiront pas du circuit américain. Il sort quelque peu du polar, en jouant dans des comédies, notamment "Beauté empoisonné" où il est le mari trompé par Sigourney Weaver.
Les Affranchis : la bande-annonce
L'acteur joue dans un épisode d'"Urgences" où il interprète en temps réel la dernière heure d'un patient, ce qui lui vaut un Emmy Award. S'ensuivent quelques films de seconde zone comme "Revolver" (2005) ou "Mise à prix" (2006). Il tient également le premier rôle dans les sept épisodes de la série "Dossier Smith". Ray Liotta se distingue encore dans un polar qui fait un flop au côté de Harrison Ford,  "Droit de passage" (2010). Puis c'est une série de films mineurs pour le marché du DVD.

Il revient toutefois dans des productions d'envergure : le formidable "Killing Them Softly" avec Brad Pitt, en compétition à Cannes en 2012, et le non moins passionnant "The Place Beyond the Pines" au côté de la star du moment, Ryan Goslin.

Will Ferrell
Né en 1967, Will Ferrell vient de la télévision, où il participe de 1995 à 2002 à l'inoxydable émission "Saturday Night Live", où ses imitations de George W. Bush et de Charlton Heston font mouche.
Will Ferrell dans "Le monde (presque) perdu"

Will Ferrell dans "Le monde (presque) perdu"

© Universal Pictures International France
Cette propension à l'humour le cantonnera dans la comédie, où il aligne les rôles les plus déjantés, avec un plaisir visible et communicatif. Il se fait ainsi remarquer dans les deux films de la franchise "Austin Power", initiée et interprétée par Mike Myers, en 1997 et 1999. Puis il joue le premier rôle dans "Nuit au Roxbury" dont il a coécrit le script.

L'acteur, et également producteur, se joint à Ben Stiller et Owen Wilson dans "Zoolander" en 2001et "Starsky et Hutch" en 2004. Il se cantonne ensuite dans des comédies plus anecdotiques, mais est appelé par Woody Allen en 2004 pour rejoindre le casting de "Melinda et Melinda", puis celui de l'adaptation au cinéma de la série "Ma sorcière bien-aimée" (2005), avec Nicole Kidman. Il enchaîne ensuite trois comédies matinées de sport, "Les Rois du patin" (2007), autour du patinage sur glace, "Semi-pro", dans le monde du basket, et "Ricky Bobby : roi du circuit", sur les courses automobiles, pour lequel il remporte le Teen Choice Awards du meilleur acteur comique en 2007.
"Ricky Bobby : roi du circuit" : la bande-annonce
Will Ferrell participe en 2009 à la parodie des films de dinosaures relancés par "Jurassic Park" et ses suites, "Le Monde (presque) perdu".  Il fut également en 2010 le flic catastrophe de "Very Bad Cop", et prêta sa voix à "Megamind" dans le film d'animation éponyme de Dreamwoks, puis dans "La Grande aventure Lego" (2014). Nombre de ses films n'ont pas été distribués en France et le comédien à nombre de projets sous le coude cette année et l'an prochain.

John McTiernan
Né en 1951 et passé, comme Jessica Chastin, par la Juilliard School de New York, John McTiernan entre à l'American Film Institute et tourne ensuite plusieurs spots publicitaires. En 1986 il sort sur les écrans son premier long métrage, "Nomads", un thriller fantastique avec un Pierce Brosnan inconnu au cinéma, mais reconnu à la télévision dans le rôle de Remington Steele.
Le réalisateur américain John McTiernan

Le réalisateur américain John McTiernan

© DR
Même si le film est un succès confidentiel, il impressionne les aficionados du genre et la 20th Century Fox qui lui offre sur un plateau la réalisation du blockbuster de science-fiction "Predator" (1987) avec l'immense star qu'est devenu Arnold Schwarzenegger. Le film est un carton international, tant public que critique, et révèle l'inventivité de son metteur en scène pour filmer l'action et la jungle, environnement où se déroule l'action. Un essai transformé dans "Piège de cristal" en 1988, où son filmage de scènes d'action tonitruantes à l'intérieur d'une tour de verre transforme le genre. McTiernan, comme pour "Nomads" propulse en haut de l'affiche un acteur venu de la télévision, promis à un bel avenir : Bruce Willis.
"Piège de cristal" : la bande-annonce
"Piège de cristal" devient une franchise sous le titre de "Die Hard" (titre original du premier film), toujours avec Willis. Le cinéaste y reviendra pour le troisième volet en 1995 avec "Une journée en enfer". Entre-temps, il porte pour la première fois à l'écran en 1990 l'agent de la CIA Jack Ryan, inventé par Tom Clancy, dans "A la poursuite d'Octobre rouge", avec un formidable Sean Connery en capitaine de sous-marin russe qui mène sa propre mutinerie dans le bâtiment. Jack Ryan fait depuis, également, l'objet d'une franchise.

Puis McTiernan enquille deux gros échecs : "Medecine Man" (1992), toujours avec Connery et surtout "Last Action Hero", avec Schwarzy, où il décrypte son sens de l'action au cinéma. Les deux films seront totalement incompris par le public qui les rejette.  Le réalisateur se lance alors dans le remake de "L'Affaire Thomas Crown" (1968, Norman Jewison), "Thomas Crown", où il renoue avec Pierce Brosnan. Le film est bien accueilli et fait des bénéfices.
"Thomas Crowne" : la bande-annonce
Ce qui n'est pas le cas du "13e Guerrier" (1999), son premier film en costumes, celui-ci se déroulant chez les Vikings. Grand film malade, avec Antonio Banderas, John McTiernan est dépossédé de son œuvre par Disney qui produit. Certaines scènes sont tournées par Michael Crichton, auteur du roman d'origine, mais également réalisateur, et le final cut lui est refusé. McTiernan Désavoue le film, effectivement très bancal à sa vision, avec des moments pourtant très prometteurs.

Etonnamment, John McTiernan est amené a réaliser un deuxième remake d'après Norman Jewison, le film de science-fiction "Rollerball" (2002) qui rencontre les mêmes difficultés que "Le 13e Guerrier" : nouvel échec artistique et public. Son différend est tel avec son producteur Anthony Pellicano qu'il le fait espionner et mettre sous écoute. Découvert, il fait de fausses déclarations au FBI, ce qui lui vaut d'être condamné à un an de prison d'avril 2013 à février 2014, puis assigné à résidence. Il continue cependant à travailler sur des projets en cellule, et il a été confirmé pour le tournage de "Red Squad", où un commando de mercenaires est envoyé au Mexique pour éliminer un cartel de la drogue.

Il s'était engagé entre-temps dans la réalisation de "Basic", un thriller dans les milieux militaires, resté quelque peu confidentiel malgré la présence de John Travolta et Samuel L. Jackson au générique. Son dernier film sorti en France.

Brian Grazer
Chaque année Deauville invite un grand producteur américain. Après Dino De Laurentis, Gale Anne Hurd, Bob et Harvey Wenstein, ou Joel Silver, pour ne citer qu'eux, c'est au tour de Brian Grazer, un des hommes les plus influents d'Hollywood, d'être sur les planches.
Le producteur hollywoodien Brian Grazer

Le producteur hollywoodien Brian Grazer

© SCOTT OLSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Né en 1951, producteur de cinéma, comme de télévision, Brian Grazer a été 39 fois cité aux Oscars et 42 autres aux Emmy Awards. Diplômé de l'University Southern California en 1974 dans la section Cinéma-Télévision, il entre comme producteur exécutif chez Paramount dans le département télévision. Mais l'événement  déclencheur est sa rencontre en 1982 avec le réalisateur Ron Howard, avec lequel il tissera une amitié sincère et des collaborations à répétition.

Grazer fonde en 1986 Imagine Entertainment en s'associant à l'Universal et à la Fox, pour financer des films de cinéma, des téléfilms et des séries. Le producteur sera lié à Ron Howard sur pas moins de douze films, dont "Splash" (1984), qui révèle Daryl Hannah, "Apollo 13" (1995), aux deux Oscars, ou encore "Da Vinci Code" (2006), fiasco critique mais qui rapporte plus de 220 millions de dollars.
"Apollo 13" : la bande-annonce
Le producteur se consacre également à des sujets plus pointus. Tels le documentaire "Inside Deep Throat", sur le tournage du plus célèbre film X, considéré comme le long métrage le plus rentable au monde, "Gorge profonde", et les terribles aléas que subit l'interprète Linda Lovelace sur le plateau. Brian Grazer produit en 2002 "8 Mile", librement inspiré de la vie du rappeur Eminem. En 2006, c'est le formidable thriller "Inside Man" de Spike Lee, son premier film de genre, sur un casse improbable, mais fracassant. Puis il produit encore un excellent polar avec "American Gangster" (2007) de Ridley Scott avec Russel Crowe et Denzel Washington. Il n'en délaisse pas pour autant la télévision avec notamment la série "24 heures chrono", succès international aux deux Golden Globes et 17 Emmy.
8 Mile : la bande-annonce
Grazer est en outre passé à la réalisation en 2003 avec "Le Casse", une comédie policière, seulement sortie en DVD en France. Sa dernière production sur les écrans est "Get On Up", un excellent biopic consacré à James Brown, projeté à Deauville et le 24 septembre dans les salles. Parmi ses projets : l'adaptation de "La Tour sombre" d'après Stephen King, par Ron Howard, toujours et encore, avec lequel il n'a pas moins que trois autres films dans les tuyaux, dont l'un d'eux sur les Beatles !
"Get On Up" : la bande-annonce