[DEAUVILLE] Rencontre avec Michel Ciment autour d'"Une renaissance américaine"

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/09/2014 à 09H20, publié le 04/06/2014 à 16H23
Michel Ciment au festival de Deauville 2014

Michel Ciment au festival de Deauville 2014

© Jean-François Lixon / Culturebox

De Woody Allen à Robert Zemeckis, Michel Ciment a conduit 30 entretiens avec une génération de cinéastes américains qu'il identifie à une "renaissance" plutôt qu'à un "Nouvel Hollywood". Plus d'un vient en effet d'un cinéma indépendant (re)naissant, au lieu des grands studios de la côte ouest. Témoignages d'une créativité au croisement des fondamentaux, de leur réinvention et de leurs aléas.

Dans le Landerneau de la critique cinéma, Michel Ciment c'est un peu le "patron". Directeur de publication de "Positif", qui demeure sans doute la meilleure revue de cinéma au monde, (comme l'a qualifiée Martin Scorsese et qui existe depuis 1952), intervenant régulier au Masque et la plume de France Inter depuis 1970, producteur de "Projection privée" sur France Culture, auteur d'innombrables ouvrages sur le cinéma, dont le livre de référence sur Stanley Kubrick, dont il était proche, Michel Ciment est par ailleurs un spécialiste du cinéma américain et un intervieweur hors-pair.

Interview menée par Jean-François Lixon
Ces trente entretiens ont été réalisés entre 1970 (Barbara Loden, seule réalisatrice présente) et 2011 (Jeff Nichols). Ce sont donc 40 années de cinéma américains revisitées avec les cinéastes mondiaux les plus prestigieux, sans accointance particulière du critique avec eux, mais choisis pour leur importance dans le paysage cinématographique contemporain.
Michel Ciment (G) et James Gray (D) lors d'une master class au Festival du film policier de Baune en 2010

Michel Ciment (G) et James Gray (D) lors d'une master class au Festival du film policier de Baune en 2010

© citizenside.com
Si les confidences personnelles ne sont pas la dominante, elles se mêlent parfois à des considérations plus professionnelles. Comme les difficultés de James Gray face aux impératifs commerciaux, le processus de création chez Stanley Kubrick à propos de "Full Metal Jacket" (1987), la ruine de Francis Ford Coppola après le désastre de son magnifique "Coup de cœur" (1983), l'incompréhension entre le film et sa promotion qui a "descendu" en plein vol le splendide "Etoffe des héros" (1983) de Philip Kaufman, tout comme "New York, New York" (1977) de Martin Scorsese, l'influence des contes de fées découverts pendant l'enfance, notamment "Le Magicien d'Oz", dans les films de David Lynch, l'expérience d'Oliver Stone au Vietnam et sa transcription dans "Platoon" (1986), l'apprentissage sur le tas de Quentin Tarantino et sa "cinéphagie"…

Autant de confidences et bien d'autres, de Robert Altman, Clint Eastwood, Tim Burton, James Gray, Steven Soderbergh, Ethan et Joel Cohen, Spike Lee, Larry Clark…, sur un cinéma en mutation, reflétant les difficultés de grands créateurs pour se faire entendre, qui y parviennent parfois seulement après leur actualité du moment. Un florilège passionnant et édifiant sur la variété et la diversité du premier cinéma mondial.
"Une renaissance américaine" : 1re de couverture

"Une renaissance américaine" : 1re de couverture

© Nouveau Monde

Une renaissance américaine – entretien avec 30 cinéastes
Michel Ciment
Nouveau Monde Editions
510 pages, ouvrage broché – 25 euros