Festival de cinéma américain de Deauville : "The Rider" de Chloé Zhao récompensé

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/09/2017 à 13H36, publié le 10/09/2017 à 11H44
"The Rider", de Chloé Zhao

"The Rider", de Chloé Zhao

Le 43e festival du cinéma américain de Deauville a couronné samedi "The Rider", un film dans lequel la réalisatrice sino-américaine Chloé Zhao se penche sur un Etat qui a voté pour Donald Trump, le Dakota du sud.

"Ce film nous a paru extrêmement puissant avec un mélange de poésie, beaucoup d'humanité et une réflexion politique", a déclaré le président du jury, le réalisateur français Michel Hazanavicius ("The Artist"), juste avant d'annoncer le prix.

Dans ce film, Brady, incarné par un vrai vacher, Brady Jandreau, doit abandonner son rêve de devenir professionnel après un accident qui a failli lui coûter la vie. Il veut s'en sortir et ne surtout pas finir comme son père, qui a sombré dans l'alcoolisme et le poker, dilapidant l'argent qui doit permettre de soigner sa soeur handicapée mentale. "En tant que cinéaste, ma motivation première est, non pas de prendre parti, mais de jeter des ponts entre des parties qui s'ignorent. C'est ce qui me passionne", avait déclaré en mai la réalisatrice à Courrier international alors qu'elle présentait "The Rider" à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.
Chloé Zhao n'était pas à Deauville samedi pour recevoir ce prix qui récompense son deuxième long métrage après "Les chansons que mes frères m'ont apprises", en compétition à Deauville en 2015, juste avant de sortir en France. "Beaucoup de jeunes cowboys n'ont pas voté pour Trump, contrairement à leurs parents", avait-elle souligné, interrogée par l'AFP à Cannes. "Beaucoup de personnes généreuses, travailleuses, que j'ai rencontrées ne voulaient pas vraiment voter pour lui, mais l'ont quand même fait", ajoutait-elle.

L'Amérique dépeinte par Zhao est très éloignée de ce qu'elle appelle l'idéal de "la palissade blanche" des quartiers aisés, mais elle dit ne pas vouloir montrer un pays dénué d'espoir. "Ce que j'aime aux Etats-Unis, ce n'est pas le rêve américain, mais cette volonté de continuer de rêver même si ces rêves sont brisés".

Un autre film s'est fait remarquer à Deauville samedi soir. "A Ghost Story", troisième long métrage de David Lowery, a reçu à la fois le Prix du jury de Michel Hazanavicius, conjointement avec un autre film, celui de la critique et celui du jury de la révélation présidé par Emmanuelle Bercot. 

Reportage : France 3 Normandie - B. Rabelle / P. Cadinot

Percée des plateformes vidéos

Cette 43e édition, entamée le 1er septembre, aura par ailleurs été marquée par la percée des plateformes de vidéo à domicile dans le financement du cinéma, leur impact sur la création artistique indépendante des grands studios demeurant incertain. Trois des quatorze films en compétition à Deauville seront distribués en France uniquement par des plateformes videos, l'un par Netflix, deux autres par e-cinema.com. Cette dernière, une plateforme de distribution en video en France de films étrangers qui ne sont pas sortis dans les salles françaises, doit voir le jour le 20 octobre.

Mais cette sélection n'a pas fait débat, quelques mois après la polémique déclenchée lorsque Netflix a refusé de sortir en salle ses deux films en compétition à Cannes. "Nous sommes à la fin d'un paradigme", a estimé l'acteur Antonio Banderas interrogé par l'AFP, en marge du festival, sur le poids des plateformes vidéos.

L'acteur espagnol avait fait le déplacement sur les planches à Deauville, tout comme l'actrice Laura Dern, muse de David Lynch, qui a aussi joué dans "Jurassic Park" et sera dans le prochain Star Wars, l'acteur britannique Robert Pattinson ("Twilight"), les acteurs américains Jeff Goldblum, ("La Mouche", "Jurassic Park", "Independance Day") et Woody Harrelson ou le réalisateur américain Darren Aronofsky. En 2016, pour sa 42e édition, le festival avait récompensé "Brooklyn Village", huitième film d'Ira Sachs.