Morosité sur le 70e Festival de Cannes à 4 jours du palmarès

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 25/05/2017 à 00H56, publié le 24/05/2017 à 20H05
70e Festival de Cannes : minute de silence sur les marches du Palais des Festivals le 23 mai 2017 en mémoire aux victimes de l'attentat de Manchester (22/05/2017)  : Thierry Frémaux, le maire de Cannes David Lisnard, Pierre Lescure, Isabelle Huppert et l'équipe d'organisation du festival.

70e Festival de Cannes : minute de silence sur les marches du Palais des Festivals le 23 mai 2017 en mémoire aux victimes de l'attentat de Manchester (22/05/2017)  : Thierry Frémaux, le maire de Cannes David Lisnard, Pierre Lescure, Isabelle Huppert et l'équipe d'organisation du festival.

© Anne-Christine POUJOULAT / AFP

A trois jours de la fin de la compétition (le dernier des 19 films sera projeté samedi), se dessine l’impression d’un 70e festival de Cannes dénué des festivités que l’on pouvait attendre. L’attentat de Manchester l’a endeuillé, la programmation jusqu’ici moyenne (il reste encore 5 sur 19 films à voir) n’enthousiasme guère, et des incidents sporadiques l'ont entaché.

Soleil noir

La sélection officielle était plus réduite que d'habitude. De peu, mais tout de même, le signe d’un recul alors que le Festival de Cannes fêtait son 70e anniversaire : 19 films en compétition officielle, au lieu des 20-21 habituels. Après visionnage de14 films, le coeur n'est pas à la fête. Mais ne désespérons pas, le festival aime à réserver le meilleur pour la fin. Nous en rendrons compte samedi, avant le palmarès.

Le climat du festival est en berne malgré une météo au beau fixe, exceptionnelle aux dates habituelles de la manifestation. Le fait de l'avoir retardé d’une semaine pour cause d'élections n’y est sans doute pas pour rien, me disait un chauffeur de taxi. Les organisateurs feraient bien de retenir la leçon...

Incidents de parcours

Le renforcement de la sécurité, approuvé par tous, a toutefois été appliqué avec une maladresse inattendue pour une manifestation réputée pour son organisation bien rôdée. Le double contrôle très méticuleux à l’entrée des salles a entraîné des retards de projection, alors qu'il faut déjà habituellement arriver trois quart d’heure à l’avance pour être assuré d’en être.

La projection d’Okja, vendredi à 8h30 au Grand Théâtre Lumière, a été entachée par un retard d’un quart d’heure (les minutes sont chères à Cannes). Puis un mauvais cadrage de l’image sur l’écran est venu gâcher la séance durant plus de cinq minutes, entrainant des huées du public. Rembobinage, on reprend tout depuis le début. Une nouvelle entorse dans la rigueur du plus grand festival du cinéma du monde.
Le soir même la séance consacrée à The Square, salle Debussy à 19h00, a été également très retardée, entraînant un mouvement de foule dans les files d’attente. Une heure plus tard, on accède à la salle dans le noir, la projection étant commencée avant que tout le public soit entré. Une première en 18 ans de Festival. Personne n’a été blessé !

Alerte attentat et attentat

Le pompon revient à l’attente, devant la salle Debussy pour la projection de 19h30 du Redoutable, le film de Michel Hazanavicius sur Godard, qui, c’était prévu, rameute les foules. A 19h15, les portes ne sont toujours pas ouvertes, le doute s’installe, alors que tout le monde patiente à l’extérieur, sous un cagnard plombant. A 19h30, le service d’ordre fait reculer manu-militari les différentes files d’attente. La projection est-elle annulée ? On ne sait pas, mais il faut élargir le périmètre de sécurité. Pas d’explication. Les réseaux sociaux parlent d’un sac trouvé dans la salle, impliquant l’intervention des démineurs. Tout le monde s’apprête à quitter les lieux, quand soudain, l’accès à la salle est autorisé. Précipitation ; tout le monde se rue pour trouver une place. Ouf, on y est…

Film d'une noirceur déprimante

Pas d’incident par la suite, mais la succession de films d’une noirceur déprimante : le bien nommé Happy end de Michael Haneke et La Mise à mort du cerf sacré qui, à 8h30 s’ouvre sur l’image en très gros plan d’une opération à cœur ouvert. De quoi mal digérer son petit déjeuner… Mais bon, Cannes ne nous a jamais habitués à la facilité, et les films déprimants font partie du paysage.

Le mardi 22 au matin, les festivaliers se sont réveillés en apprenant la nouvelle de l’attentat de Manchester qui a fait 22 morts et 60 blessés. Le Festival est endeuillé, le drame assombrit la fête du cinéma, tout le monde ne pense et ne parle que de ça. Une minute de silence est observée ce même jour à 15h00 en haut des marches du Palais des festivals. Le feu d’artifice prometteur prévu pour commémorer le 70e Festival de Cannes, est annulé.
Rapport à mi-parcours du vaisseau Culturebox depuis la Croisette… jusqu’au prochain.