Festival de Cannes 2016 : les favoris au 7e jour de compétition

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/05/2016 à 19H28, publié le 18/05/2016 à 18H43
Golshifteh Farahani et Adam Driver dans "Paterson"

Golshifteh Farahani et Adam Driver dans "Paterson"

© Mary Cybulski

"Toni Erdmann", comédie allemande fantasque et décalée de Maren Ade s’est largement détachée de la course à la Palme d’or, à en croire les réactions de la presse et des festivaliers. "Paterson", le film-poème de Jim Jarmusch et " Sieranevada", drame familial du Roumain Cristi Puiu, suivent de très près.

C'est "Toni Erdmann" de l'Allemande Maren Ade, comédie fantasque et délurée sur la relation père-fille, qui a suscité jusqu'ici les réactions les plus enthousiastes. Ce long métrage de 2h42 tout de même, qui a déclenché fous rires et applaudissements sur la Croisette, fait la course en tête, selon le panel de critiques français et étrangers publié par la revue spécialisée Screen.


"Ovni savoureux et touchant"

C'est également le film le plus largement plébiscité par la presse française, selon le magazine Le Film français. "C'est un film qui peut réunir beaucoup de monde, parce que c'est un propos intéressant, universel. Le film est drôle, mais pour traiter d'un sujet finalement très fort, à la fois la relation parents-enfants mais aussi plus généralement sur ce qu’on fait de sa vie", soulignait Philippe Rouyer, de la revue de cinéma française Positif. "Un ovni savoureux et touchant", évoquions-nous dans notre critique.

Pour le journaliste Scott Roxborough du magazine américain spécialisé Hollywood Reporter, "puisque ça fait très longtemps qu'un film allemand n'a pas gagné ou même été montré, il a de bonnes chances d'obtenir quelque chose".
 

"Paterson" et "Sieranevada" bien placés

Avec "Paterson", un film construit comme un poème, ode au ralenti et consacré à la banalité du quotidien, l'Américain Jim Jarmusch n'a pas laissé non plus la critique insensible. Son film obtient la deuxième meilleure note du panel de critiques de Screen.

Une "exaltation bouleversante du quotidien par la poésie", selon l'hebdomadaire Télérama. "Une balade délicate et fantaisiste avec le conducteur d’un bus poète de Paterson, candidat déclaré à la Palme d’or", écrivions-nous. Alors que selon le Guardian britannique, c’est tout simplement un pur "délice".

En troisième position dans le classement de Screen, "Sieranevada" du Roumain Cristi Puiu, drame familial de près de trois heures qui dissèque les tensions dans le huis clos d'un appartement. "Cristi Puiu filme toujours avec la même maestria", estimait Télérama, tandis que nous évoquions "un film passionnant, malgré sa longueur".

Le "Julieta" de Pedro Almodovar projeté mardi a lui aussi beaucoup plu. "Un Almodovar au sommet de son art", avions-nous titré alors. D’autres films n’ont, en revanche, pas emporté l’adhésion des critiques. 

Nichols et Assayas déçoivent

"Loving" de Jeff Nichols, basé sur l'histoire vraie aux États-Unis d'un homme blanc et d’une femme noire condamnés pour s'être mariés dans les années 1950 n’a pas fait l’unanimité. Si nous saluions "la sobriété d’un film sans effets de manche, porté par deux comédiens magnifiques", le magazine Première parlait de la "déception Nichols". "On est frappé à la vision du film par le très grand nombre de scène sans enjeux, sans idées, sans rythme", poursuivait Première.
 
Des propos aussi entendus pour le "American Honey" d’Andrea Arnold. Road trip effréné de près de 3 heures mais qui, malheureusement, nous abandonna vite en chemin.
 
Mais le film qui a le plus divisé la presse jusqu'à présent reste le "Personal Shopper" d’Oliver Assayas filmant une Kristen Stewart en sœur endeuillée attendant à Paris que l’esprit de son frère se manifeste. Si Serge Kaganski des Inrockuptibles soulignait "le bel écrin" offert par Assayas à son actrice fétiche, nous regrettions quant à nous "un film de genre à mi-chemin entre thriller fantastique, film d’horreur et drame de la solitude qui ouvrait toutes ces voies, sans en exploiter une seule".

Une déception considérable tant sa précédente réalisation, "Sils Maria" (2014), avec une Kristen Stewart déjà en assistante personnelle de Juliette Binoche, comédienne confrontée au temps qui passe et au changement d’époque, nous avait séduit par sa pureté, sa sincérité et sa sensibilité.
 
Espérons que telle mésaventure n’arrive pas à Xavier Dolan qui vient présenter jeudi un très attendu "Juste la fin du monde", deux ans après son sublime "Mommy", Prix du jury à Cannes.