Cannes 2013 : Guillaume Canet gagne sa carte verte avec « Blood Ties »

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 20/05/2013 à 12H48, publié le 10/05/2013 à 16H13
Clive Owen et Billy Crudup  dans "Blood Ties" de Guillaume Canet

Clive Owen et Billy Crudup  dans "Blood Ties" de Guillaume Canet

© Mars Distribution

Etonnant de voir ce remake US du film de Jacques Maillot, "Les Liens du sang" (2008), dans lequel jouait Guillaume Canet au côté de François Cluzet. Canet, derrière la caméra, réalise du même coup son premier film aux States, avec Clive Owen et Billy Crudup. Il embarque dans l'aventure Marion Cotillard, décidément très prisée, avec le vétéran James Caan : belle affiche hors compétition

De : Guillaume Canet (Etats-Unis), avec : Clive Owen, Billy Crudup, Marion Cotillard, Zoe Saldana, Mila Kunis, James Caan - 2h24 - Sortie : 30 novembre 2013

Synopsis New York, 1974. Chris, la cinquantaine, est libéré pour bonne conduite après plusieurs années de prison pour un règlement de compte meurtrier. Devant la prison, Frank, son jeune frère, un flic prometteur, est là, à contrecœur. Ce ne sont pas seulement des choix de « carrières » qui ont séparé Chris et Frank, mais bien des choix de vies et une rivalité depuis l’enfance. Leur père Léon, qui les a élevés seul, a toujours eu pour Chris une préférence affichée, malgré les casses, la prison… Pourtant, Frank espère que son frère a changé et veut lui donner sa chance : il le loge, lui trouve un travail, l’aide à renouer avec ses enfants et son ex-femme, Monica. Malgré ces tentatives, Chris est vite rattrapé par son passé et replonge. Pour Frank, c’est la dernière des trahisons, il ne fera plus rien pour Chris. Mais c'est déjà trop tard et le destin des deux frères restera lié à jamais.
Blood Ties : la bande-annonce
Dans l’ombre de James Gray
Hormis les acteurs, l’autre star du film demeure James Gray, comme coscénariste avec Canet, et coproducteur de « Blood Ties ». Gray est par ailleurs en compétition, avec « The Immigrant », où l’on retrouve également Marion Cotillard. Si le film adapte à New York « Les Liens du sang », il est également très imprégné de la présence du réalisateur américain par le thème de la famille et des rivalités internes, des constances dans sa filmographie.

James Gray avait par ailleurs traité d’un sujet similaire – les retrouvailles de deux frères, l’un repris de justice, l’autre membre éminent de la NYPD – dans « La Nuit nous appartient » (2007). Mais « Blood Ties », signé Guillaume Canet, pousse le bouchon plus loin en reprenant des choix de mise en scène venus de Gray, comme une présence accrue du père, avec un merveilleux James Caan, acteur de l’Américain dans « The Yards », ou dans les harmonies colorées boisés, très présentes dans les intérieurs. Enfin, "La Nuit nous appartient" revisitait les années 80, et "Blood Ties" les seventies, choix qui n'est pas anodins pour les deux cinéastes.
Marion Cotillard dans "Blood Ties" de Guillaume Canet

Marion Cotillard dans "Blood Ties" de Guillaume Canet

© Mars Distribution
Carte verte
Guillaume Canet plaque sa caméra sur le cinéma de James Gray en en retrouvant une certaine tonalité. Ce qui réussit bien à « Blood Ties », maîtrisé avec une dextérité professionnelle toute américaine, comme si le Français se faisait une carte de visite pour percer le marché américain, à l’image de pas mal de nos compatriotes, acteurs ou réalisateurs, qui plaisent à Hollywood. Il est vrai que les majors font de l'oeuil à la France, deuxième pays phare du cinéma (l’Inde mis à part), comme pour vitaminiser le cinéma local, dont les principaux artisans lorgnent de plus en plus du côté des séries télévisées. Les remakes de films français aux States, comme « Blood Ties », en sont un autre signe.

Ces considérations conjoncturelles mises à part, « Blood Ties » vaut le respect à d’autres titres. Il ne souffre aucunement de sa plus grande longueur par rapport à son modèle français – 2h24 contre 1h46, soit plus d’une demi-heure de différence – ce qui n’est pas rien. Canet colle par ailleurs au rythme du thriller (qu’il avait déjà visité dans « Ne le dis à personne ») et au soin de la mise en place, propice à un filmage sans égratignure, faisant montre d’une belle élégance. Le casting est au cordeau, tous les acteurs au top, avec une mention spéciale à un James Caan toujours Charismatique. Guillaume Canet mérite sa carte verte.