Cannes 2013: Dast-Neveshtehaa Nemisoosand. Mohammad Rasoulof à Un Certain Regard

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/05/2013 à 17H43, publié le 13/05/2013 à 16H40
Photo du film "DAST-NEVESHTEHAA NEMISOOSAND" (Les manuscrits ne brûlent pas)

Photo du film "DAST-NEVESHTEHAA NEMISOOSAND" (Les manuscrits ne brûlent pas)

© DR

Mohammad Rasoulof est l'un de ces cinéastes à part qui transforme son art un véritable combat pour la liberté. Révélé par "Le crépuscule" en 2002, il avait enflammé la Quinzaine des réalisateurs en 2005 avec "Jazireh Ahabi". Lauréat 2011 du prix de la mise en scène à Un Certain Regard pour "Au revoir", il concoure cette année dans la même catégorie avec Dast-Neveshtehaa Nemisoosand.

Réalisé par Mohammad Rasoulof / Acteurs inconnus
Iran - 125 minutes
En salles prochainement 

Synopsis : Khosrow est un tueur à gage. Sous l'autorité de Morteza, ils partent tous deux en mission pour un assassinat commandité. Le meurtre doit être mis en scène pour faire croire à un suicide. Mais un évènement imprévu contraint les deux tueurs à changer leur plan initial au dernier moment ...
Photo du film "DAST-NEVESHTEHAA NEMISOOSAND"

Photo du film "DAST-NEVESHTEHAA NEMISOOSAND"

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Outre un talent évident, c'est pour une raison plus sombre que le nom de Mohammad Rasoulof ne nous est pas inconnu. Victime de la censure dans son pays, l'Iran, il n'a pas pu se rendre à Cannes en 2011 pour recevoir le prix de la mise en scène de la sélection Un Certain Regard. Le matin de la projection d'"Au revoir", film noir et tendu qui met en scène une avocate cherchant à fuir l'Iran, il est arrêté par la police iranienne pour "actes et propagande hostiles à la République Islamique d'Iran" avant d'être finalement relâché. La même mésaventure est arrivée à son ami Jafar Panahi, toujours sous le coup d'une interdiction de tournage. 

Pourtant le cinéma iranien a de nombreuses choses à offrir et reste bien représenté à Cannes où "Le passé" d'Asghar Farhadi, le réalisateur d'"Une séparation", est en lice pour la palme d'or. Après Abbas Kiarostami, palme d'or en 1997 pour "Le goût de la cerise", les réalisateurs iraniens tentent tant bien que mal de contourner la censure et continuent de produire des oeuvres d'une grande force. Espérons juste qu'avec ce "thriller", Mohammad Rasoulof puisse au moins poser le pied sur le sol cannois.