Cannes 2017 : "Patti Cakes" l'épopée d'une jeune rappeuse obèse et obstinée

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/08/2017 à 18H20, publié le 27/05/2017 à 10H24
Danielle MacDonald dans "Patti Cake$"

Danielle MacDonald dans "Patti Cake$"

© The Department of Motion Pictures

Le dernier film de la sélection 2017 de la Quinzaine des Réalisateurs était "Patti Cake$" de l'Américain Geremy Jasper avec Danielle MacDonald. L'histoire d'une fille blanche et obèse de 23 ans qui veut absolument démarrer une carrière dans le Rap et le Slam. Mais quand on vit dans une banlieue pauvre du New Jersey, on n'a pas toutes les chances de son côté.

La note Culturebox

5
5/5
Comme toutes les rivières, l'Hudson River a deux rives. Or il se trouve qu'on n'a pas les mêmes chances de réussite selon que l'on a vu le jour sur sa rive gauche, à New York, ou sur sa rive droite, dans l'état du New Jersey. Patricia Dombrowski, alias Killa P., alias Patti Cake$, surnommée Dumbo depuis l'école du fait de son obésité, n'est pas née du bon côté de l'Hudson River. Enchaînant les petits métiers, elle appartient à cette classe de la société américaine trop pauvre pour s'offir une assurance et donc à la merci du moindre souci de santé. Mais Patti a un rêve : inscrire son nom tout en haut du panthéon des chanteurs de rap !

Une fois de plus la Quinzaine des Réalisateurs s'intéresse à l'Amérique des déclassés, celle que l'on voit rarement dans les blockbusters et les comédies romantiques made in Hollywood ou Manhattan.
Blanche et grosse, Patti ne ressemble pas à la rapeuse type. Et pourtant elle slame et rape depuis de nombreuses années, écrivant des textes à longueur de journée et participant à des battles de rue contre d'autres rapeurs. Le film raconte son combat quotidien pour s'imposer dans ce monde de Noirs et de machos. Elle persévère contre l'avis de sa mère, une chanteuse country ratée, mais avec le soutien de Nana, la grand-mère qui l'a élevée. Un tel soutien que lorsque Patti montera son groupe, Nana en fera partie !
Patti Cake$ (Danielle MacDonald) en pleine battle de rap

Patti Cake$ (Danielle MacDonald) en pleine battle de rap

© Diaphana Distribution
Comme tous les films qui racontent ainsi l'initiation à l'âge adulte, le scénario passe par le scenic railway des espoirs et des déceptions. Sans véritablement se refermer sur un "happy ending", "Patti Cake$" se termine quand même sur une note très nettement positive.
L'affiche de "Patti Cake$"

L'affiche de "Patti Cake$"

© DR
Danielle MacDonald, la comédienne australienne qui interprète le rôle de Patti Cake$ est tombée des nues quand le réalisateur Geremy Jasper lui a proposé le rôle. Elle n'avait jamais chanté le rap de sa vie. Pourtant il a insisté. Danielle présentait le profil idéal du personnage. Comme il l'a expliqué aux spectateurs de Cannes après la projection de son film, Géremy Jasper a donné à ses personnages le visage des femmes avec qui il a vécu dans le quartier même où il situe son film. Alors la comédienne a perdu son accent australien et a pris des cours de rap. Elle a même interprété quelques secondes d'une des chansons du film à la demande des spectateurs cannois.
A Cannes le réalisateur Geremy Jasper, et les comédiens Danielle MacDonald, Bridget Everett, Cathy Moriarty et Siddarth Dhananjay

A Cannes le réalisateur Geremy Jasper, et les comédiens Danielle MacDonald, Bridget Everett, Cathy Moriarty et Siddarth Dhananjay

© Jean-François Lixon
Le public cannois de la Quinzaine des Réalisateurs a réservé une très longue ovation debout à l'équipe de "Patti cake$" venu présenter son film. A écouter les interventions des spectateurs, l'omniprésence du rap et du slam n'a pas empêché les plus âgés d'aimer le film. L'approche du monde du rap et sa présentation à travers les personnages a même permis à certains de comprendre pour la première fois l'esprit de cette musique. Le rap, ce ne sont pas seulement des machos bodybuildés entourés de bimbos et portant des montres en or d'un demi kilo ! Le rap, c'est aussi, et peut-être surtout, une manière d'embellir des vies pas très heureuses dans un quartier pas très agréable. En piétinant joyeusement les clichés, l'équipe de "Patti Cake$", son réalisateur en tête, a peut-être fait beaucoup pour le rapprochement des générations.

LA FICHE

Genre : Chronique sociale
Réalisateur : Geremy Casper
Pays : Etats-Unis
Acteurs : Danielle MacDonald, Bridget Everett, Cathy Moriarty, Siddarth Dhananjay et Mamoudou Athie.
Durée : 1h48

Synopsis : sortie française le 30 août 2017Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son Dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’une battle sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial.