"A l'Ouest du Jourdain" d'Amos Gitai, les bonnes volontés israélo-palestiniennes

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/05/2017 à 10H30, publié le 22/05/2017 à 08H51
Amos Gitai

Amos Gitai

© DR

Le documentaire d'Amos Gitai "A L'ouest du Jourdain" a reçu un accueil très chaleureux à la Quinzaine des Réalisateurs. Trente-cinq ans après y avoir réalisé "Field Diary" il est retourné en Cisjordanie. Là, au milieu des tensions entre Israéliens et Palestiniens, il a rencontré des personnes de bonne volonté des deux bords qui, au quotidien et à leur niveau, font avancer l'idée de paix.

La note Culturebox

4
4/5
"Si vous voulez voir des Palestiniens terroristes et de méchants Israéliens colonisateurs, vous n'avez pas besoin de mon film, il y a les infos pour ça ". En quelques mots, Amos Gitai répondait à une question d'un spectateur qui venait de voir son film à la Quinzaine des Réalisateurs. "West of Jordan River (field diary revisited)", en français, "A l'Ouest du Jourdain" est un documentaire qui se veut optimiste. Alors que les tensions sont très élevées entre Israéliens et Palestiniens en Cisjordanie, le réalisateur israélien est allé rencontrer des citoyens impliqués dans des démarches de paix, à leur niveau, au sein d'associations où se mêlent les deux communautés. Ces séquences alternent avec des interviews de responsables politiques israéliens ou de journalistes. 
Extrait de "A l'Ouest du Jourdain"


Amos Gitai part à la recherche de ces hommes et ces femmes qui n'ont pas renoncé à la réconciliation. Il les rencontre lors d'un tournoi de backgammon entre Israéliens et Palestiniens de tous âges, au sein d'une association de mères des deux bords qui ont perdu un fils dans cette guerre qui ne dit pas son nom, dans une école palestinienne financée par des rabbins. Autant de lueurs d'espoir que les extrémistes juifs et arabes harcèlent et veulent condamner au silence. Il y a même cette jeune femme israélienne d'un optimisme à toute épreuve qui raconte l'attentat dont elle a été victime quand elle s'est fait poignarder dans la rue. 

La jeune Israélienne victime d'un attentat au couteau (à droite) et une amie

La jeune Israélienne victime d'un attentat au couteau (à droite) et une amie

© DR


Le sous titre du film "field diary revisited" rappelle qu'en 1982, Amos Gitai avait déjà tourné dans le même esprit sur les mêmes lieux. Le réalisateur nous en livre quelques extraits en préambule et choisit de redonner la parole à Yitzhak Rabin, l'ancien Premier ministre israélien assasiné en 1995 et qu'il avait interviewé l'année précédente. Visionnaire, l'homme politique qui déclarait ne vouloir que la paix, prédisait le développement de l'extrémisme islamiste, affirmant même qu'il y avait là les ferments de ce qui pouvait arriver de pire.

Amos Gitai à la "Quinzaine des Réalisateurs" le 21 mai 2017

Amos Gitai à la "Quinzaine des Réalisateurs" le 21 mai 2017

© Jean-François Lixon


A ceux qui n'espèrent plus rien de la situation israélo-palestinienne, Amos Gitai envoie avec ce film un message d'espoir. Il ne manque pourtant pas de nous livrer l'avis d'un journaliste israélien qui estime qu'il ne reste plus beaucoup d'années avant que soit franchi le point de non-retour. 


A l'ouest du Jourdain
Film documentaire d'Amos Gitai
1h24
Produit grâce à France Télévisions 

Synopsis

Dans À l’ouest du Jourdain, Amos Gitai se rend à nouveau, 35 ans après Field Diary en 1982, en Cisjordanie. La série de rencontres avec des organismes de Human Rights tels que B’Tselem, Breaking the Silence, Forum des familles des victimes de violence et Ta’ayush nous montre une série d’actes de résistances fragiles qui rassemblent des activistes israéliens et palestiniens. Le film par lui-même est une recherche du chemin de la paix, une recherche de lumière au milieu d’une période sombre.