Cannes 2015 : "The Assassin" de Hou Hsiao-Hsien, très beau mais décevant

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 22/05/2015 à 16H31, publié le 21/05/2015 à 17H04
Shu Qi dans "The Assassin" de Hou Hsiao-Hsien

Shu Qi dans "The Assassin" de Hou Hsiao-Hsien

© Ad Vitam

Si l'unamité est acquise sur la beauté visuelle de "The Assassin" de Hou Hsiao-Hsien, très attendu en compétition, le film a beaucoup moins convaincu dans sa globalité. Une complexité scénaristique injustifiée tue "The Assassin" auquel l'on s'ennuie de bout en bout, malgré une beauté formelle indéniable dans sa reconstitution de la Chine du IXe siècle.

La note Culturebox
3 / 5                  ★★★☆☆

Le syndrome 2001

Tout le monde attendait plus de de Hou Hsiao-Hsien, attentif à un premier film historique du réalisateur. Toute la programmation asiatique s'avère une déception cette année. Jia Zhang-Ke loupe son retour avec "Mountains May Depart", après son sublime "A Touch of Sin" d'il y a deux ans. Heureusement demeurent notre cher Apichatpong Weerasethakul avec "Cemetery of Splendour". Mais ce "The Assassin" est des plus décevants.

The Assassin : la bande-annonce

Le film est symptomatique de plus d'un autre dans cette programmation, sur la complexification de leur scénario à partir de sujets simples. Comme si tous voulaient "faire" leur "2001, l'Odyssée de l'espace", tel un Kubrick et Arthur C. Clark. Il faut arrêter les enfants. Le sujet de "The Assassin" ne se prête pas à un tel exercice, d'autant que la conclusion de ce film où une tueuse est amenée à assassiner l'homme qu'elle aime est téléphonée.

Shu Qi dans la peau d'une tueuse sous la dynastie Tang

Shu Qi dans la peau d'une tueuse sous la dynastie Tang

© Ad Vitam


Cape et épées

Le film n'en reste pas moins d'une beauté remarquable. Mais c'est tout ce que l'on retient. Une reconstitution, des costumes et de très bons comédiens, cela ne fait pas un film. Plus de rigueur, notamment sur la cohésion de la narration et de la gestion de la temporalité auraient été bienvenues.

On se demande pourquoi, au passage, le programmateur Thierry Frémaux a vendu le film sous l'étiquette arts martiaux, ce qu'il est loin d'être. Seules deux scènes de sabres alimentent le film. Il relève donc plus du "cape et d'épées". Dont acte… Grosse déception donc par rapport à un retour en compétition de Hou Hsiao-Hsien sur un film très ambitieux, qui s'avère au final un pétard mouillé.