Cannes : à 76 ans, la consécration pour Bruce Dern, formidable dans "Nebraska"

Par @Culturebox
Publié le 26/05/2013 à 20H28
L'acteur Bruce Dern

L'acteur Bruce Dern

© Todd Williamson/Invision/AP

Bruce Dern, qui vient d'être récompensé à 76 ans du prix d'interprétation masculine au 66e festival de Cannes, affiche une filmographie impressionnante, le plus souvent sous les habits d'un bandit ou d'un psychopathe. L'homme, qui n'a pas un physique pour jouer les jeunes premiers, a cumulé beaucoup de rôle secondaires. L'acteur de "On n'achève bien les chevaux" est aussi le père de Laura Dern...

Bruce Dern peut vivement remercier sa fille Laura, qu'on peut retrouver dans "Jurassic Park" de notre cher Président et dans la palme d'or 1990, "Sailor et Lula". C'est elle qui lui a présenté Alexander Payne, connaissant le réalisateur de longue date puisqu'elle était l'héroïne de son premier film. Alexander avait trouvé son héros pour "Nebraska".

Des personnages de "salauds"

"J'ai joué plus de psychopathes, de marginaux et de camés que n'importe qui", plaisante ce proche ami de l'acteur Jack Nicholson ("le meilleur partenaire de ma carrière"). L'acteur né à Chicago en 1936 commence à tourner pour la télévision avant de se retrouver sur  grand écran notamment dans des westerns. A son tableau de chasse : il abat John Wayne en 1972 dans "The Cowboys", qui plus est dans le dos. "Comme je suis le seul acteur qui ait jamais tué John Wayne dans un film, les producteurs m'ont étiqueté comme un méchant", note-t-il.

Il démarre sa carrière en 1960 dans "Le fleuve sauvage" d'Elia Kazan, avec Montgomery Clift, joue aussi dans "Pas de printemps pour Marnie" (1964) d'Afred Hitchcock, ou encore dans la version de 1974 de "Gatsby le magnifique" de Jack Clayton, aux côtés de Robert Redford (où il est nominé aux Golden Globes. Après une longue absence des écrans, il a fait un retour en force récemment dans "Twixt" (2011) de Francis Ford Coppola et "Django Unchained" (2012) de Quentin Tarrantino. 

Un rôle sur mesure

Dans le road movie "Nebraska", du réalisateur américain Alexander Payne, réalisateur des remarqués "Sideways" et The descendant", c'est lui qui tient le rôle principal. Celui d'un vieillard déboussolé et porté sur la bouteille, pas franchement sympathique, qui veut aller réclamer un gros lot d'un million de dollars promis dans un courrier. Son fils, dont il ne s'est jamais occupé, l'accompagne dans son voyage de quelques jours en voiture du Montana vers la ville Lincoln dans le Nebraska.
Bruce Dern et Will Forte dans "Nebraska" de Alexander Payne

Bruce Dern et Will Forte dans "Nebraska" de Alexander Payne

© Paramount


"J'ai attendu ce rôle pendant huit ans ! ", a-t-il confié à Cannes. Le scénario drôle et ciselé de Bob Nelson, lui réserve des tirades cyniques à souhait: "tu boirais aussi si tu étais marié à ta mère", lance le père à son fils. Nebraska", road movie mélancolique aux dialogues décapants, magnifiquement tourné en noir et blanc, traverse une Amérique rurale économiquement déprimée en suivant ce vieil homme porté par ses illusions et qui va se rapprocher de son fils.