Les frères Coen, ces présidents du Festival aux 3 films oubliés

Par @Culturebox
Mis à jour le 13/05/2015 à 16H52, publié le 13/05/2015 à 15H59
Les cinéastes américains Ethan et Joel Coen sont les Présidents du Jury cannois cette année

Les cinéastes américains Ethan et Joel Coen sont les Présidents du Jury cannois cette année

© FRED DUFOUR / AFP

Les frères Coen, Présidents du Jury du 68e Festival de Cannes, ont une filmographie impressionnante. "Barton Fink", "Fargo", "No Country for old Men" oui... mais pas seulement ! Culturebox vous propose de revenir sur trois de leurs long-métrages moins connus et parfois injustement éclipsés.

Seize long-métrages en trente ans et autant de succès. Enfin presque. Si la carrière des inséparables et prolifiques frères Coen est jalonnée de films cultes ayant parfois, au passage, raflés statuettes dorées, Palme et autres trophées, certaines de leurs oeuvres sont tombées aux oubliettes. Mettez de côté cinq minutes les géniaux "Fargo", "The Big Lebowski", "No Country for Old Men" et "True Grit" pour (re)découvrir trois de leurs films moins celèbres. 

"Miller's Crossing"

Sorti en salles un an avant "Barton Fink", "Miller's Crossing" (1990) est le troisième film des deux frères originaires du Minnesota. Le gangstérisme est au coeur de ce polar dont l'intrigue se déroule près de New York, en pleine prohibition. Le film met en scène le personnage de Tom Reagan (Gabriel Byrne), homme de main d'un caïd irlandais qui n'hésite pas à tuer, trahïr, manipuler pour se faire une place dans un univers de violences. Bref, il n'a rien à envier à John Diliger. Ce film s'inspire du roman de Dashiell Hammet "La moisson rouge" (1929). Ce qu'on peut dire c'est que déjà à cette époque, les frères Coen pouvaient s'offrir une belle brochettes d'acteurs : Marcia Gay Harden ("Mystic River", "Magic in the Moonlight"), John Turturro ("Raisons d'Etat", "Exodus") ou encore Steve Buscemi qui collaborera par la suite avec eux à cinq reprises. 
 

 

The Barber : l'homme qui n'était pas là

"Fargo" et "Barton Fink" ne sont pas les seuls films à avoir raflé le Prix de la mise en scène sur la croisette. En 2001, il remportent pour la troisième fois la récompense (ex aequo avec "Mulholland Drive" de David Lynch) avec un film en noir et blanc : "The Barber". Le film, qui raconte comment à la fin des années quarante un coiffeur, persuadé que sa femme le trompe avec son meilleur ami, se livre au chantage et à des pratiques illicites, recevra par ailleurs plusieurs prix à l'étranger pour sa photographie. Pour l'anecdote, c'est au cours du tournage d'une scène de leur cinquième film, "Le grand saut" (il sort d'où celui-là?), que Joel et Ethan Coen eurent l'idée de faire "The barber". La scène en question se passe dans un salon de coiffure avec, sur l'un des murs, une affiche où sont représentées différentes coupes de cheveux des années quarante. 
 


Ladykillers

Ce long-métrage, dans lequel Tom Hanks, véritable star des années 90 (deux oscars de meilleurs acteurs au compteur) joue le rôle principal, est un remake d'un film britannique du même nom sorti en 1955.  Après "Arizona Junior" (1984), c'est l'une des réalisations des frères Coen à mettre dans la catégorie films comiques, bien que le pitch du film ne soit pas très original : un charmant professeur emménage dans la maison d'une dame âgée (Mme Munson jouée par Irma P. Hall) dans le but de réaliser un casse en creusant, avec une troupe de musiciens complices, un tunnel depuis la cave de la maison jusqu'à un casino. Mais c'est sans compter sur la curiosité de la logeuse qui s'avère plus embarassante que prévu. Jusqu'à ce onzième film, Ethan Coen n'était pas crédité à la réalisation, bien qu'à la fois scénariste et co-réalisateur avec son frère Joel. 
 


Succédant à la réalisatrice néo-zélandaise Jane Campion, les Frères Coen ont l'honneur de présider cette année le 68e Jury du Festival de Cannes, composé de cinq hommes (avec Jake Gyllenhaal, Guillermo Del Toro, Xavier Dolan ) et quatre femmes (Sophie Marceau, Rossy de Plama, Rokia Traoré, Sienna Miller). Le Jury devra départager les films en Compétition pour composer le palmarès, avec en point d'orgue la fameuse Palme d'or, qui sera annoncée le dimanche 24 mai.