"La Danseuse" : Lily-Rose Depp ne crève pas l'écran

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Mis à jour le 24/09/2016 à 11H14, publié le 13/05/2016 à 17H43
Détail de l'affiche de "La Danseuse"

Détail de l'affiche de "La Danseuse"

© DR

Pour son premier film, retenu dans la section "Un Certain Regard" à Cannes, Stéphanie di Giusto retrace le destin de Loïe Fuller, qui, avec sa "danse serpentine" enflamma Paris à la fin du 19e siècle. Un film ambitieux, doté d'un casting excitant (Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry ou Lily Rose Depp), mais qui peine à nous convaincre.

La note Culturebox

2
2/5
C'est LE film qu'attendait la presse people à Cannes depuis des semaines, et pour une seule raison : la présence de la charmante Lily Rose Depp, accessoirement fille de Vanessa Paradis (membre du jury cette année) et de Johnny Deep. Une attente qui se révèle plutôt décevante. Si la jeune mannequin et comédienne de 16 ans prend parfaitement la lumière et ne manque pas de grâce, son interprétation d'une Isadora Duncan séductrice sans scrupule manque d'épaisseur.

L'histoire bâtie autour de Loïe Fuller, femme de caractère, danseuse à en mourir, est pourtant passionnante. Elle ne dispose, a priori, d'aucune des qualités "naturelles" requises pour devenir une grande danseuse. Sauf une : une volonté à toute épreuve. L'Amérique lui refuse la scène ? Peu importe, la voilà dans un Transatlantique, partie conquérir les Folies Bergères et bientôt l'Opéra de Paris, avec cette chrorégraphie qui conjugue le geste, le tissus et les lourds bâtons qui le supportent. Cette danse est une souffrance, Loïe Fulmler s'use prématurément le corps, s'abime les yeux avec les projecteurs trop puissants qui subliment ses mouvements.
Soko à Cannes © VILLARD/NIVIERE/SIPA

Soko s'implique totalement dans ce rôle qui lui va comme un gant. Autour d'elle, Louis (Gaspard Ulliel) est un mécène-amoureux toxicomane attachant et Gabrielle (Mélanie Thierry), la voie de la raison qui la ramène à l'essentiel. Puis Isadora Duncan entre dans le jeu et le dérègle, prenant le cœur et la lumière de Loïe. Mais avouons-le, on a un peu de mal à croire à cette entreprise de séduction massive menée par la mythique Isadora.

Le film ne manque ni de soin ni d'enthousiasme, mais de muscle, de rythme et d'aspérités. L'ensemble se révèle un peu lisse, les scènes de danse se ressemblent, souvent trop longues, et la magie n'opère pas tout à fait. Rien de déshonorant pour ce premier film un peu trop propre sur lui, même si l'histoire échevelée de cet esprit libre, battante jusqu'au-boutiste méritait davantage de folie dans sa réalisation.  

Reportage : N. Hayter / N. Berthier / R. Torregrosa / C. Beauvalet

La fiche

Drame français de Stéphanie Di Giusto - Avec Soko, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry, Lily-Rose Depp et François Damiens - Durée : 2h00 - Sortie : 28 septembre 2016 Film présenté dans la section "Un Certain Regard" au Festival de Cannes 2016
Synopsis : Rien ne destine Loïe Fuller, originaire du grand ouest américain, à devenir une icône de la Belle Epoque et encore moins à danser à l’Opéra de Paris. Même si elle doit se briser le dos et se brûler les yeux avec ses éclairages, elle ne cessera de perfectionner sa danse. Mais sa rencontre avec Isadora Duncan, jeune prodige avide de gloire, va précipiter sa chute.