Cannes 2016 : les frères Dardenne, réalisateurs de films à prix

Par @Culturebox
Mis à jour le 18/05/2016 à 16H27, publié le 18/05/2016 à 12H59
Les réalisateurs Jean-Pierre et Luc Dardenne © ALBERTO PIZZOLI / AFP

Les frères Dardenne reviennent cette année pour la huitième fois au Festival de Cannes. Ils vont présenter "La fille inconnue", en compétition officielle, un film qui risque une nouvelle fois de remporter un prix. A part leur premier long-métrage, tous les autres ont été recompensés sur la croisette.

Rosetta, la quête désespérée d'un travail

Après la présentation de "La Promesse" en 1996, à la Quinzaine des réalisateurs, les frères belges frappent fort avec leur première compétition officielle. "Rosetta" remporte la Palme d'or en 1999, alors que les critiques misaient sur Pedro Almodóvar pour "Tout sur ma mère". Mais avec leur drame dans lequel plongeaient les spectateurs, suivant l'éprouvant quotidien d'une jeune femme qui cherche désespérément un travail, les frères Dardenne gagnent le cœur du jury à l'unanimité. Les frères y développent leurs thématiques privilégiées : la crise économique, la perte d'un emploi et les relations conflictuelles parent-enfant.

Le fils, un père en deuil

Trois ans après leur succès, Jean-Pierre et Luc Dardenne reviennent avec une nouvelle histoire tragique, celle d'un menuisier formateur auprès de jeunes en réinsertion sociale, qui se retrouve confronté à l'adolescent qui a tué son propre fils quelques années plus tôt. Et comme dans chacun de leur film, les frères Dardenne peuvent compter sur leur acteur principal pour porter l'action, donner une interprétation juste et poignante d'une personne lambda, confrontée à un dilemme. Le jury bouleversé par l'interprétation d'Olivier Gourmet, lui remettra le prix d'interprétation masculine, en 2002.

L'Enfant, drame sur la précarité et la famille

Le Festival de Cannes est devenu le lieu de prédilection des Dardenne pour présenter leur nouveau film. Dans "L'enfant", les thématiques de précarité, de rédemption et de relations conflictuelles entre parents et enfants, sont poussées à leur paroxysme. Un jeune père de 20 ans vend son enfant pour régler ses dettes, avant de regretter son geste et de tenter de le récupérer. Filmer une réalité, parfois crue, vaudra une deuxième Palme d'or aux Belges, en 2005.

Le silence de Lorna, la question épineuse de l'immigration

Jean-Pierre et Luc Dardenne abordent cette fois la thématique de l'immigration avec une pointe de thriller. Les réalisateurs suivent le quotidien en Belgique d'une jeune albanaise qui tentent d'obtenir la nationalité belge grâce à un mariage blanc. Le film est un nouveau coup de cœur pour les critiques. Il recevra le prix du scénario en 2008.

Le Gamin au vélo, la recherche désespérée d'une figure maternelle

Avec ce nouveau film, les réalisateurs décident de se focaliser uniquement sur les rapports parents-enfants, avec un jeune garçon sans famille qui trouve, en la personne de Cécile de France, une mère de substitution. Plus intimiste,"Le gamin au vélo" recevra tout de même le Grand prix lors du Festival de Cannes 2011.

Deux jours, une nuit, le combat d'une femme pour garder son travail

Caméra à l'épaule, les frères Dardenne suivent une jeune femme sortie de dépression, incarnée par Marion Cotillard, qui passe son week-end à convaincre ses collègues de refuser leur prime pour qu'elle puisse conserver son travail. "Deux jours, une nuit" colle parfaitement à l'actualité économique entachée par la précarité, plus inquiétante de jour en jour. Le film ne sera pas récompensé lors de la cérémonie de clôture du festival 2014, mais il recevra tout de même le prix spécial du jury œcuménique.