Cannes 2016 : Ken Loach et les sept lauréats d'une double Palme d'or

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/05/2016 à 14H05, publié le 23/05/2016 à 14H00
Ken Loach Palme d'or © ALBERTO PIZZOLI / AFP

Pour la 69e édition du Festival de Cannes, le jury a couronné Ken Loach et son film "Moi, Daniel Blake" de la Palme d'or. Le réalisateur anglais intègre ainsi le club très sélect des cinéastes qui ont reçu par deux fois la sacro-sainte récompense cannoise. Ils ne sont que huit.

1
Alf Sjöberg primé en 1946 et 1951
Le réalisateur suédois Alf Sjöberg.

Le réalisateur suédois Alf Sjöberg.

© KOBAL / THE PICTURE DESK


Le réalisateur suédois participe en 1946 au premier Festival de Cannes. Il présente un drame écrit par Ingmar Bergman, "Hets", qui suit l'amour tourmenté d'un lycéen et d'une vendeuse d'un bureau de tabac, harcelée par un mystérieux personnage. Cette année-là, tous les films en compétition sont récompensés et Alf Sjöberg fait partie des 11 à recevoir le Grand Prix (l'ancêtre de la Palme d'or). Il revient cinq ans plus tard et emporte une nouvelle fois le Grand Prix, avec "Mademoiselle Julie", adapté de la pièce éponyme d'August Strindberg.

2
Francis Ford Coppola primé en 1974 et 1979
Le réalisateur américain Francis Ford Coppola avec sa Palme d'or, pour "Conversation secrète" en 1974, décernée par Tony Curtis.

Le réalisateur américain Francis Ford Coppola avec sa Palme d'or, pour "Conversation secrète" en 1974, décernée par Tony Curtis.

© AFP TONY CURTIS


Le réalisateur américain s'impose sur la croisette avec "Conversation secrète", où Gene Hackman, un professionnel de la filature, se trouve confronté à un dilemme lors d'une mise sur écoute d'un couple. Le film d'espionnage remporte le Grand prix International du Festival en 1974 et double son palmarès cannois en 1979 avec sa vision de la guerre du Vietnam, "Apocalypse Now" ( ex aequo avec "Le Tambour" de Volker Schlondorff). Malgré des conditions de tournage extrêmes, le chef d'œuvre de Francis Ford Coppola est très bien reçu par la critique. 

3
Shohei Imamura primé en 1983 et 1997
L'acteur Koji Yakusho et le réalisateur japonais Shohei Imamura lors de la présentation du film "L'Anguille" en 1997.

L'acteur Koji Yakusho et le réalisateur japonais Shohei Imamura lors de la présentation du film "L'Anguille" en 1997.

© MICHEL GANGNE / AFP


Le réalisateur japonais délivre avec "La Ballade de Narayama", un très beau témoignage sur les traditions du XIXe siècle dans son pays. L'action se déroule en 1860 dans un village pauvre et isolé du Japon. Une mère de 69 ans met de l'ordre dans les affaires de sa famille avant de mourir. La deuxième Palme d'or pour Shohei Imamura sera en 1997, pour "L'Anguille". Le film raconte l'histoire de Yamashita tout juste sorti de prison, huit ans après avoir assassiné sa femme adultère, et qui ouvre un salon de coiffure. Le long-métrage est récompensé de la Palme d'or en même temps que "Le goût de la cerise", d'Abbas Kiarostami.

4
Emir Kusturica primé en 1985 et 1995
Emir Kusturica et sa Palme d'or contestée pour "Underground" en 1995. 

Emir Kusturica et sa Palme d'or contestée pour "Underground" en 1995. 

© PATRICK HERTZOG / AFP


Le réalisateur serbe fait sensation avec son deuxième long-métrage "Papa est en voyage d'affaires", qui se déroule en Yougoslavie dans les années 50 avec un père de famille envoyé dans un camp de travail. Sa deuxième Palme d'or, en 1995, sera plus contestée. "Underground" suit le parcours de résistants clandestins serbes entre la Seconde Guerre mondiale et 1990. Le film est très mal reçu par les critiques, Emir Kusturica est taxé de fasciste et propagandiste. Un journaliste du Times écrit après la cérémonie de clôture du festival que "la victoire revient à un film qui vient de nulle part, mis en scène par personne". Le réalisateur serbe affirme vouloir arrêter le cinéma après cette polémique, mais il reviendra en 1998 avec "Chat noir, chat blanc".

5
Bille August primé en 1988 et 1992
Le réalisateur Bille August et sa Palme d'or pour "Les meilleurs intentions" en 1992.

Le réalisateur Bille August et sa Palme d'or pour "Les meilleurs intentions" en 1992.

© GERARD JULIEN / AFP


Avec "Pelle le Conquérant", le réalisateur danois remporte sa première Palme d'or. Le film suit le triste quotidien d'un père et son fils qui n'arrivent pas à trouver du travail après avoir émigré de la Suède au Danemark au XIXe siècle. Le film remportera aussi l'Oscar du meilleur film étranger en 1989. Il décroche une deuxième palme en 1992, pour "Les Meilleurs Intentions", une nouvelle tragédie familiale se déroulant au début du XXe siècle en Suède alors que la classe ouvrière se soulève.

6
Jean-Pierre et Luc Dardenne primé en 1999 et 2005
Les frères Dardenne et leur deuxième Palme d'or pour "L'enfant" en 2005.

Les frères Dardenne et leur deuxième Palme d'or pour "L'enfant" en 2005.

© HUBERT BOESL / DPA


La première palme des frères belges fut l'une des plus inattendues de la croisette. Les critiques étaient certains d'assister au sacrement de Pedro Almodóvar, avec "Tout sur ma mère". Mais le jury, bouleversé par le parcours tragique d'une jeune femme en recherche d'emploi dans "Rosetta", décidé de récompenser Jean-Pierre et Luc Dardenne. Six ans plus tard, leur nouveau drame "L'enfant", remporte une nouvelle Palme d'or et confirme le statut de réalisateur de films à prix des frères Dardenne.

8
Michael Haneke primé en 2009 et 2012
Le réalisateur Michael Haneke et sa Palme d'or pour "Amour" en 2012.

Le réalisateur Michael Haneke et sa Palme d'or pour "Amour" en 2012.

© ALBERTO PIZZOLI / AFP


Le réalisateur autrichien obtient sa première Palme d'or en 2009 pour "Le ruban blanc". Le réalisateur y présente l'histoire d'un village d'Allemagne du nord à la veille de la Première Guerre mondiale. Michael Haneke revient trois ans après en compétition officielle et séduit le jury avec "Amour", où Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva incarnent un couple octogénaire à Paris.

8
Ken Loach primé en 2006 et 2016
Le réalisateur anglais Ken Loach et sa deuxième Palme d'or pour "Moi, Daniel Blake".

Le réalisateur anglais Ken Loach et sa deuxième Palme d'or pour "Moi, Daniel Blake".

© LOIC VENANCE / AFP


Avec Almodóvar et les frères Dardenne, Ken Loach est un des habitués du Festival de Cannes. Il est venu à 18 reprises sur la croisette, mais ce n'est qu'en 2006 qu'il remporte sa première Palme d'or pour "Le vent se lève". Alors qu'il avait annoncé qu'il arrêtait le cinéma, lors de la sortie de "Jimmy's hall", le réalisateur anglais est revenu à Cannes en poussant un cri de révolte avec "Moi, Daniel Blake". A 79 ans, il remporte la Palme d'or de cette 69e édition du Festival de Cannes.